VÉSICATOIRES
La vésication, dont il faut être très sobre chez les enfants, se fait d’ordinaire avec l’emplâtre vésicant du Codex, dont voici la formule :
^ Cantharides ûnement pulvérisées 42 grammes.
Résine élémi 10 —
Onguent basilicum 30 —
Cii’e jaune 40 —
Huile d’olives 4 —
Cette préparation contient un principe très irritant (cantharides), dont l’action locale se fait sentir d’abord par la rubéfaction, ensuite par le soulèvement de l’épiderme, enfin par la mortification du derme (escharilication) si l’application est trop prolongée. En outre, l’absorption de la cantharidine peut se traduire par de la pyélo-iiéphrite, de la cystite, du ténesme vésical, de la dysurie,
,Fai vu, dans un cas, un véritable état pseudo-méningitique (méningisme cantliaridien).
L’insomnie, la fièvre, l’agitation, parfois les convulsions peuvent en résulter. Ce qui est commun, à la suite de la vésication cantliaridienne, ce sont les pyodermites (acné pustuleuse, ectliyma, abcès dermiques), les lymphangites, les plaies diphtéroïdes, etc.
Pour éviter ces accidents, on conseille de saupoudrer le vésicatoire avec du camphre en poudre, d’interposer un papier huilé entre la peau et l’emplâtre, et surtout, de réduire à quelques heures (2 ou 3) la durée d’application.
Deux heures suffisent au-dessous de trois ans ; trois heures audessus de cet âge. Si la phlyctène, la cloche^ n’est pas formée, on en hâte l’apparition avec un cataplasme d’amidon, fait à l’eau boriquée. Quand on veut mettre un vésicatoire, on commence par aseptiser la peau : lavage au savon, frictions à l’alcool, puis au sublimé à 1 pour 2000, essuyage avec ouate hydropile. Le vésicatoire, qui, pour un enfant, doit toujours être petit (3 à 5 centimètres de diamètre), sera arrondi, doublé d’une plaque de diachylon qui le déborde, et d’une épaisse couche d’ouate hydrophile, le tout maintenu par un bandage de corps.
Au bout de deux ou trois heures, on enlève le tout, on perce la cloche si elle est formée, et on panse avec une épaisse couche d’ouate hydrophile ou boriquée.
Plaies de vésicatoires. — Quand le vésicatoire est resté trop longtemps en place, il en résulte une brûlure du troisième degré, qui suppure indéfiniment et peut se recouvrir d’exsudats diphtéroïdes. J’ai vu de ces plaies durer des mois et entraîner parfois la mort. Chez une fillette soignée pour une prétendue méningite, un large vésicatoire appliqué sur la tête rasée a laissé des plaies qui ont duré six mois, des cicatrices déprimées, une alopécie définitive.
Les sinapismes Rigollot, quand ils restent trop longtemps sur la peau, peuvent s’accompagner des mêmes accidents.
On fera un pansement antiseptique avec le salol, Piodoforme, le dermatol employés largement et recouverts d’ouate hydrophile.
On lavera avec une solution] horiquée à 3 ou 4 pour 100. On cautérisera les bourgeons charnus au nitrate d’argent.
Viande.
ArclianibauU conseillait la poudre de quinquina, les lavages phéniqués à 1 p. 100, ou avec :
^ Décoction de quinquina 500 grammes.
Chlorure de soude 200 —
Il pansait avec la pommade :
"if Bi-oxyde de mercure 0 gr. 60
Précipité blanc 1 gramme.
Axonge purifiée 30 grammes.
Dans les cas de plaies diplitérisées, il touchait avec le phénol camphré ;
^ Acide phénique 10 grammes.
Camphre 25 —
Contre-indications du vésicatoire. — On s’abstiendra du vésicatoire, toutes les fois que la diphtérie sera soupçonnée ; même en cas de laryngite striduleuse, de laryngite simple, on s’exposerait à de graves mécomptes, si l’on appliquait un vésicatoire au-devant du cou. Les enfants athrepsiés, débiles, cachectiques, maigres; ceux qui ont de l’oedème, de l’anasarque, de l’albuminurie, de la glycosurie, ne seront jamais condamnés au vésicatoire. S’abstenir aussi chez ceux qui ont de l’eczéma, chez ceux qui sont hospitalisés, exposés à des infections secondaires.
Variétés de vésicatoire. — Un pharmacien, M. Bidet, a préparé une solution de cantharides dite vésicatoire liquide qui peut s’employer au pinceau, et qui offre moins de dangers que l’emplàtre vésicant; on peut en effet graduer la vésication suivant le nombre des couches appliquées sur la peau.
M. Aubert (de Lyon) a employé le sublimé à 1 p. 100 : on prend une plaque de diachylon, on pratique à son centre une ouverture de la grandeur du vésicatoire, et on la met sur la peau ; une compresse trempée dans la solution de sublimé est appliquée sur l’ouverture, et le tout est garni comme d’habitude. Au bout de six à sept heures, la vésication est produite.
Ilayem, Ollivier ont employé le vésicatoire au phénol (Voir plus haut Acide phénique.)