VIOLETTE
Cette plante (famille des Yiolariées) présente deux espèces utilisées en médecine, la violette odorante [viola odorata) et la pensée sauvage [viola tricolor).
On a employé les fleurs et la racine de la violette odorante. Les fleurs servent à faire une infusion bécliique (10 grammes par litre) qui se donne aux enfants avec un sirop balsamique dans la bronchite aiguë, la grippe, etc. Elles servent aussi à préparer un sirop de violettes également béchique et agréable au goût.
La racine est âcre et vomitive; elle pourrait remplacer l’ipéca.
La pensée sauvage [viola tricolor arvensis) s’emploie en infusion comme dépurative et antidartreuse, dans la scrofule, l’eczéma (1 gramme p. 1000).
VOMITIFS
Les vomitifs sont d’un usage courant en médecine infantile ; ils sont bien tolérés, favorisent l’expulsion des exsudais bronchiques ou laryngés : par leur action dépressive, ils abattent les accès de touxspasmodique ; enfin, ils nettoient l’estomac, réceptacle habi tuel des crachats et mucosités incessamment déglutis. Ils sont contreindiqués dans les cas de faiblesse extrême, de diarrliée, d’intolérance individuelle. Les vomitifs se donnent à jeun, le matin de préférence, et à doses fractionnées; ce qui permet de ne pas dépasser la dose nécessaire, et de s’arrêter en cas de défaillance ou d’abattement trop prononcé.
Le vomitif le plus employé est l’ipéca; après viennent le sulfate de cuivre, le tartre stibié, l’apomorpbine.
1° Ipécacuanha. — La racine d’ipéca pulvérisée fraîchement a une action très prompte et très sûre ; on peut la donner en petits paquets de 20, 30, ;i0 centigrammes (suivant l’âge), dans un quart
de verro d’eau sucrée ; une cuillerée ù café de cinq en cinq minutes, jusqu’à effet vomitif.
Chez les tout petits enfants, le sirop d’ipéca, qui contient 1 centigramme d’extrait par gramme, peut suffire : on prescrira une cuillerée à café de sirop d’ipéca de cinq en cinq minutes jusqu’à effet.
Généralement on associe la poudre au sirop ; ’ . .
^ Sirop d’ipéca 30 grammes.
Poudre d’ipéca 0 gr. 30
Par cuillerées à café de cinq en cinq minutes.
On peut masquer le goût nauséeux de l’ipéca à l’aide d’un sirop aromatisé, d’un loocli :
^ Poudre d’ipéca 0 gr. 30 à 1 gramme.
Sirop de violettes 30 grapames.
Looch blanc 120 —
On fait aussi des pastilles d’ipéca (S à 6 par jour), qui peuvent rendre des services dans certaines bronchites. Le sirop de Désessartz ou sirop d’ipéca composé est très populaire ; ou le donne aux enfants en bas-âge à la dose de 1 à 3 cuillerées à café dans un peu de tisane de violettes, mauves, capillaire, etc.
Voici sa composition :
^ Ipéca gris ^ grammes.
Séné —
Serpolet ^
Coquelicot 1- gr. 50
Sulfate de magnésie jO grammes.
Vin blanc
Eau de üeurs d’oranger
Eau 300 —
Sucre blanc 300
En somme c’est un médicament qui associe dans la même formule l’ipéca, les purgatifs, l’alcool.
La poudre de Dower est un mélange d’ipéca et d’opium, qui S6 donnera surtout dans la seconde enfance à la dose de 5, 10 et 20 centigrammes suivant l’âge ; 1 gramme de cette poudre contient 5 centigrammes d’extrait d’opium, dose trop forte pour le premier âge.
Pour renforcer l’action vomitive de l’ipéca, on 1 associe parfois à l’infusion ou au sirop de polygala, de narcisse des prés, plantes un peu nauséeuses.
VOMITIFS
2° SüLFATE DE CUIVRE. — Le sulfate de cuivre, très recommandé par Trousseau, est peu usité. On le donnera à la dose de 10 à 40 centigrammes, suivant l’àge :
Sulfate de cuivre O gr. 10 à 40
Eau distillée 80 grammes.
Sirop de menthe 30 —
Par cuillerées à café de dix en dix minutes, jusqu’à effet vomitif.
■ 3“ Tartre stibié. — Le tartre stibié, très employé par les médecins de la première moitié du siècle, est un peu délaissé aujourd’hui chez les enfants, à cause de son action déprimante : je ne le donne jamais dans la première enfance, mais assez souvent dans la seconde ; cependant, c’est un agent très sûr.
On peut prescrire :
Émétique 0 gr. 01
Sucre en poudre 1 gramme.
Pour 1 paquet, à prendre en une fois dans un peu d’eau, renouveler de 10 en 10 minutes jusqu’à effet.
OU bien ;
y Tartre stibié ....
Sirop de gomme Eau distillée
A prendre en quatre ou cinq fois, toutes les dix minutes.
. 4“ Apomorphine. — L’apomorphine se donne par la bouche, ou mieux en injections sous-cutanées; ce dernier procédé permet de faire vomir dans le cas où l’ingestion des médicaments est devenue impossible :
Chlorhydrate d’apomorphine 0 gr. 01
Sirop de polygala 30 grammes.
Acide chlorhydrique 11 gouttes.
Eau distillée GO grammes.
Par cuillerées à café d’heure en heure.
^ Chlorhydrate d’apomorphine 0 gr. 05
Eau distillée 10 grammes.
Un quart à une demi-seringue de Pravaz suivant l’àgc.
0 gr. 03 20 grammes.
GO
XÉROFORME
Le xéroforme est un composé de bismuth : tribromophénolate de bismuth. Il se présente sous la forme d’une poudre jaune, neutre et stable, insoluble, d’une faible odeur phéniquée; il se décomposerait dans l’intestin en oxyde de bismuth et tribromophénol.
il peut être prescrit dans tous les cas où l’on prescrit les autres sels de bismuth. On l’a d’abord employé comme antiseptique intestinal, puis en chirurgie.
Grünfeld a montré son action favorable dans l’eczéma infantile.
M. Berend, élève de Bokay, l’a prescrit chez plus de 200 enfants, à Budapest, dans les cas d’eczémas et autres maladies de peau, soit en poudre, soit en pommade à 5 p. 100.
Avant d’appliquer ce topique, on aura soin de faire tomber les croûtes. Les résultats ont été excellents dans l’eczéma de la face, et dans les eczémas généralisés des nourrissons, dans l’intertrigo, etc. Le xéroforme est également bon pour le pansement du cordon ombilical; il rend des services dans le rhinites chroniques, dans l’eczéma de l’entrée des narines, dans l’otite externe eczémateuse, dans l’otorhée chronique.
A la face, dans les plis cutanés, Berend emploie le xéroforme en poudre. Au cuir chevelu, il donne la préférence à la pommade.
ZÉDOAIRE (Voy. CURCUMA).