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DE QUELQUES MÉDICAMENTS ACTIFS

Il faut bien savoir que les enfants tolèrent mieux et éliminent plus rapidement les médicaments que les personnes âgées.

Si l'on a soin d’éviter le choc qui pourrait résulter de doses massives agissant trop vivement sur le système nerveux, l’olfense que pourrait ressentir l’estomac de médicameuts insuffisamment dilués, on peut faire absorber au.x enfants les plus jeunes des doses ell'rayantes par rapport à leur âge.

Doses fortes, mais fractionnées et diluées, voilà la formule qui permet d’atteindre le but, sans le dépasser, sans nuire à l’organisme de l’enfant.

Gela dit, je vais passer en revue les principaux remèdes actifs que j’ai utilisés chez les enfants et les doses quotidiennes maxima que je crois devoir conseiller.

Je m’en tiendrai, pour le moment, à une douzaine de remèdes très connus et universeliement prescrits.

Opium.

L’opium est ie médicament le plus redouté chez les enfants; c’est surtout dans la première enfance, avant deux ans, que son emploi est le plus timoré.

Si nous prenons l’opium brut, provenant d’une bonne source et titrant environ la dixième partie de son poids de morphine, nous le prescrirons eu poudre délayée dans le lait, l’eau sucrée, un sirop quelconque, aux doses suivantes :

La poudre de Dower, du nouveau Codex français, qui contient un dixième de poudre d’opium, sera donnée à la dose quotidienne ma.xima de 5 centigrammes par année d’âge, répartie en 5 doses. Par exempie, un enfant d’un au pourra prendre I centigramme de poudre de Dower toutes les deux heures.

Un enfant de cinq ans prendra 5 centigrammes toutes ies deux heures, été. En fractionnant ainsi ies doses, on pourra toujours s’arrêter devant ies effets physiologiques (narcose, myosis, etc.).

Au-dessus de dix ans, les doses seront à peu près celles de l’adulte, et j’ai vu des enfants moins âgés, atteints d’appendicite, qui pouvaient prendre saus dommage jusqu’à 10 centigrammes d’extrait thébaique (20 centigrammes de poudre d’opium) par vingt-quatre heures.

Le laudanum de Sydenham, vin d’opium composé, contenant G centigrammes d’extrait d’opium par gramme, est très usité. La dose ma.xima est de 11 gouttes par année d’âge, fractionnées en 8 ou 10 prises, surtout au-dessous d’un an.

Uu pourra donc formuler une potiou avec 1 goutte de laudanum de trois à six mois, 11 gouttes de six à douze mois, III gouttes à dix-huit mois, IV gouttes à deux ans, X gouttes à cinq ans.

L'étixir parégorique du Codex français dix fois plus faible en poids que le laudanum sera donné à la dose de XX gouttes par année d’âge, XL gouttes à deux ans, LXXX gouttes à quatre ans, 2 grammes à cinq ans, 4 grammes à dix ans, etc.

Quant à la morphine, elle ne sera employée ou injections hypodermiques, que dans la seconde enfance, la dose maxima initiale ne devant pas dépasser 2 à ô milligrammes.

DOSES MAXIMA

Toutes les deses maxima indiquées plus haut sont des doses initiales ; l’accoututnauce permet d’aller beaucoup plus loin.

Aconit.

Les substances retirées de {'aconit napel, surtout de sa racine, sont très bien supportées par les enfants et peuvent être prescrites à doses fortes. J’en excepte cependant Vaconiline cristallisée, alcaloïde trop énergique pour être prescrit couramment eu médecine infantile.

L' alcoolalure de racines, obtenue par une macération prolongée dans l’alcool à 90® (parties égales de plante et d’alcool), se prescrit aujourd’hui de préférence à toute autre préparation.

On la donnera, en fractionnant les prises (une toutes les heures ou toules les deux heures), à la dose maxima de X gouttes par Jour et par année d’àge, ce qui indique qu’on pourrait aller Jusqu’à G gouttes chez un enfant de dix ans.

L’association avec la teinture de belladone augmente encore la tolérance pour l’aconit et renforce son action.

Dans tous les cas, si l’on veut avoir un effet réel de l’aconit, il faut donner des doses fortes, presque toxiques.

Belladone.

• La belladone et son alcaloïde, l’atropine, sont aussi bien tolérés par les enfants que l’aconit.

On fait usage de l’extrait de belladone qui se donnera soit par la bouche, soit par le rectum (suppositoire), à la dose maxima pro die de 1 centigramme par année d’âge; à cinq ans, on pourra donner en potion ou en lavement 5 centigrammes d’extrait de belladone.

L’extrait fluide américain, plus actif, sera essayé à dose initiale plus faible.

La teinture de belladone se donnera à la dose quotidienne maxima, fractionnée suivant l’usage, de V gouttes par année d’àge; un enfant de cinq ans prendra XXV gouttes; on devra toujours tâter la susceptibilité individuelle avec des doses moindres graduellement croissantes Jusqu’à ellet (mydriase, turgescence des Joues, sécheresse de la gorge, etc.).

Le sirop de belladone, qui contient 75 centigrammes de teinture par 10 grammes, sera donné à la dose de 2 grammes par année d’àge ; un enfant de cinq ans prendra 10 grammes de sirop; on pourra dépasser la dose initiale indiquée Jusqu’à effet, en augmentant graduellement de 2 grammes par Jour.

Le sulfate neutre d'atropine en solution très étendue (1 centigramme pour 10 grammes) se donnera par gouttes, V par année d’àge ; un enfant de quatre ans pourra prendre XX gouttes réparties sur toute la Journée; ces XX gouttes représentent un milligramme de sidfale d’atropine.

Digitale.

La digitaline cristallisée, trop énergique, n’est pas habituellement utilisée chez l’enfant.

La poudre de feuilles peut être donnée en nature, suspendue dans un sirop ou une potion, à la dose maxima quotidienne de 2 centigrammes par année d’àge; encore faudrait-il, pour éviter l’accumulatiou, ne pas donner le médicament plus de cinq à six Jours consécutifs.

Si l’on emploie la décoction ou l’infusion de poudre de feuilles, ou s’eu tiendra aux mêmes doses, sauf pour les cas urgents où l’on pourra doubler la dose et donner 4 à 5 centigrammes par année d’àge : 20, 25, 30 ceuligrammes (quatre, cinq, six ans).

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