BOURRACHE
La bourrache, Borrago officinalis (Borraginées), est utilisée surtout en tisane; on emploie les Heurs et les feuilles. On prescrit Vinfusiun ou la décoction avec 3 grammes de feuilles sèches pour 500 grammes d’eau. Le suc de bourrache est peu usité. On a recommandé la bourrache dans les fièvres éruptives comme sudorifique, dans les rhumes comme pectorale. Quant à l’action diurétique et dépurative, elle appartient surtout au véhicule, à l’eau ingérée par le malade, sous couleur de médicament.
BROMALINE
• La bromaline ou brométhylformine est une combinaison antiseptique de bromure de potassium, destinée à faciliter sa tolérance, et à éviter les accidents de bromisme. Ce corps nouveau a les mêmes propriétés que les bromures alcalins; il est sédatif nerveux, antispasmodique puissant.- Le D'Rohrmann le conseille dans le traitement de l’épilepsie.
Il doit se prescrire, dans la seconde enfance, à la dose de 2, 4, 6 et 8 grammes par jour. Quoiqu’il contienne presque autant de brome que le broniure de potassium, il peut se donner à dose double. Si l’on donne 50 centigrammes de bromure de potassium par jour et par année d’àge, dans l’épilepsie, on pourra donner 1 gramme de bromaline.
Bromaline. 1 gramme.
Pour 1 paquet, en prendre 2, 4 ou G par jour dans l’eau sucrée ou du pain azyme.
Bronaaline. .’ 10 grammes.
Sirop de fleurs d’oranger .• 20 —
Eau distillée 40 —
En prendre une cuillerée à dessert le matin, à midi et le soir.
BROMIDIA
Le bromidia est une spécialité américaine, très efficace comme hypnotique et anesthésique, dont la composition serait la suivante :
Bromure de potassium. . . .
Gliloral
Extrait de cannabis indica — de jiisquiame
Eau Q. S. pour faire 32 grammes.
j ââ -G grammes.
I jfa 0 gr. 05
BROMURES
La concentration trop grande de cette solution en rend l’emploi difficile chez les enfants, et j’ai l’habitude de la diluer ainsi ;
Bromure de potassium J ^
Hydrate de chloral )
Extrait de chanvre indien j ^
— de jusqniame \
Sirop de fleurs d'oranger
Eau distillée
Une cuillerée à café d’heure en heure jusqu’à effet.
3 grammes.
0 gr. 05
30 grammes.
BROMOFORME
Ce corps, qui se présente sous forme d’un liquide sirupeux, plus lourd que le chloroforme (densité 2,90), laissant sur le papier une tache huileuse, a été obtenu en traitant le formène ou l’alcool méthylique par le brome, en présence de la potasse. 11 est très peu soluble dans l’eau, plus soluble dans l’alcool et l’éther.
Stepp (de Nuremberg) et Loventhal l’ont préconisé contre la coqueluche, et Marfan, l’employant à doses progressives, lui accorde une réelle efficacité comme sédatif des quintes. Mais il faut le prescrire à dosesassez fortes. On commence par IV gouttes par jour et par année d’âge et on augmente tous les jours de 11 à IV gouttes jusqu’à effet. Exemple :
Looch huileux du Codex 60 grammes.
Bromoforme XX gouttes.
A prendre en 3 ou 4 doses dans la journée pour un enfant de cinq ans. Le lendemain faire une nouvelle potion avec XXIV gouttes, puis XXVIll, XXXll, etc., en recommandant tous les jours une potion fraîche, sans fractionnement excessif. La potion est prise en quatre fois dans les vingt-quatre heures.
BROMURES
Le brome a été découvert par Balard, dans les eaux mères des salines de la Méditerranée, en 1820. 11 n’a fait son entrée dans la thérapeutique, sous forme de bromure de potassium, que trente ans plus tard, et bientôt il y a pris une place énorme. Les aliénistes et les neurologistes ont vanté ses effets calmants dans les
névroses, et Legrand du Saule l’a employé avec le plus grand succès contre l’épilepsie.
Puis on a étudié les combinaisons du brome avec différentes bases, et la jjolybromiü'ation a été poussée très loin.
A côté du bromure de potassium, qui reste le type des préparations bromiques, il convient de citer les bromures de sodium^ à'ammoniiwi, de camphre^ de strontium^ de rubidium, de nickel^ d’o?‘, etc. On a encore utilisé, pour l’usage interne, le bromure d' êthy lène .
On fait usage depuis quelques années, comme anesthésique, du bromure d'éthyle, qui se donne comme le chloroforme, mais qui a l’avantage d’agir plus promptement; pour les opérations courtes, qui ne demandent pas une narcose prolongée, par exemple pour l’extirpation des végétations adénoïdes, le bromure d’éthyle est indiqué de préférence aux autres anesthésiques généraux (chloroforme, éther, protoxyde d’azote, etc.).
En faisant agir le brome sur le formène ou sur l’alcool méthylique, on a obtenu un nouveau corps, le bromoforme, qui a été préconisé contre la coqueluche.
Le bromol, ou tribromophénol, est un autre dérivé du brome, assez rarement prescrit, quoiqu’il ait été conseillé comme topique (plaies, diphtérie) et comme antiseptique intestinal (diarrhée cholériforme, fièvre typhoïde).
En combinant l’acide hromhydrique avec la quinine, on a obtenu le bromhydrale de quinine, sel plus soluble et plus riche en alcaloïde que le sulfate, et par suite devant lui être préféré dans certains cas.
Les bromures alcalins, et en particulier le bromure de potassium, ont une action physiologique assez complexe : outre l’action irritante locale exercée sur les muqueuses et sur la peau, et qui se traduit par des congestions, des sécrétions exagérées, des éruptions, le bromure de potassium possède, à dose convenable, une influence sédative et anesthésiante ; il diminue, atténue, émousse la sensibilité des muqueuses de la gorge, du voile du palais, de la luette, supprime les réflexes, et rend des services signalés pour les examens laryngoscopiques ; cependant le brome est beaucoup moins employé par les spécialistes depuis la découverte des effets anesthésiants de la cocaïne. Cette anesthésie des muqueuses, cette suppression dos réflexes des premières voies.
BROMURES
pourrait expliquer l’action sédative du bromure dans la coqueluche.
Le bromure de potassium ne paralyse pas seulement la sensibilité, il affaiblit l’action musculaire, diminue l’énergie des centres nerveux, et entrave la motilité ; il agit aussi sur l’intelligence, la mémoire, sur le cœur, il ralentit le pouls, etc. Il provoque le sommeil, peut-être en décongestionnant le cerveau.
A doses élevées, il peut causer de la gastralgie, de la diarrhée, des épistaxis (il diminuerait la densité du sérum), des paralysies véritables, des poussées d’acné, de la fétidité de l’haleine, un état cachectique avec amaigrissement, etc.
Pour éviter ces accidents, il faudra suspendre, de temps à autre, l’administration du médicament, surtout quand on le donnera à haute dose.
Le brome existe naturellement, à l’état de combinaison, soit avec le potassium, soit avec le magnésium, dans l’eau de mer, et dans les eaux minérales chlorurées sodiques (Salins en particulier).
En résumé, les bromures sont des médicaments analgésiques, paralysants, antispasmodiques et hypnotiques.
Indications et contre-indications. — C’est surtout dans les maladies du système nerveux, avec éréthisme, excitabilité, agitation, spasme, contracture, que les bromures sont indiqués.
Le bromure de potassium a fait merveille àQ.nsV épilepsie essentielle comme dans Vépilepsie symptomatique (attaques épileptiformes, épilepsie partielle).
Il n’a pas rendu moins de services dans les autres états convulsifs de l’enfance, dans V éclampsie ^ avec ou sans lésion cérébrale, dans V hémiplégie spasmodique, dans la méningite simple ou tuberculeuse à la période d’excitation, dans le tétanos et la tétanie, dans le spasme de la glotte et la laryngite stridulense.
\J hystérie éifÿo jeunes sujets, qu’elle soit larvée ou patente, n’est pas guérie par le bromure de potassium; ce médicament ne doit pas être prescrit d’une façon banale à tous les hystériques, mais réservé seulement à ceux qui présentent des paroxysmes inquiétants par leur fréquence ou par leur violence. C’est un sédatif de certains accès hystériques, ce n’est pas un remède de l’hystérie.
Le bromure de potassium agit mieux dans la chorée, dont il atténue et abat l’agitation incohérente. 11 peut agir favorablement
aussi dans certains cas incontinence noctnre d'urine, dans Véréthisme génital et V onanisme.
C’est un bon remède de V insomnie nerveuse et des douleurs de tête, aussi bien des et de surmenage que de
la migraine y vo\o..
Le bromure semble agir, en pareil cas, en décongestionnant l’encéphale.
Il est indiqué dans les palpitations nerveuses, la tachycardie essentielle, ^irritation cardiaque des enfants neuro-arthritiques.
Toutes les affections spasmodiques des voies respiratoires peuvent être traitées et améliorées par les bromures alcalins. J’ai déjà parlédu spasme de la glotte et de la laryngite striduleuse; je n’ai garde d’oublier la coqueluche, que de nombreux médecins continuent à traiter par le bromure de potassium.
Le bromoforme, qu’on a introduit récemment dans la thérapeutique de cette maladie, n’a pas encore fait ses preuves, et il est d’un maniement plus délicat que le bromure de potassium ou de sodium.
Le bromure de potassium a été encore prescrit, avec succès parfois, dans le diabète sucré et dans le diabète insipide.
Si les bromures sont indiqués dans les affections prurigineuses de la peau [prurigo simple, urticaire nerveuse.; prurit sans lésion), ils ne le sont pas dans les dermatoses proprement dites, eczéma, lichen, psoriasis, etc.
Ils sont contre-indiqués encore ohez les enfants qui, loin de présenter de l’éréthisme et de l’hyperexcitabilité cérébrale, sont abattus, somnolents, ont le cœur dilaté, le pouls faible et intermittent, etc.
Chez eux, ce n’est pas aux bromures, aux déprimants qu’il faut s’adresser, mais aux toniques et stimulants, à l’alcool, au café, à la digitale, à la strychnine. Les bromures sont enfin contre-indiqués chez les enfants dyspeptiques, dont l’estomac serait fâcheusement impressionné par le médicament, et chez les diarrhéiques et anorexiques.
^loDE D’ADMiNisraATio.N ET DOSES. — Quaiid l’indicatioii est pressante, quand l’enfant a des convulsions répétées, éclamptiques ou épileptiques, quand il a des accès de laryngite striduleuse, quand il a de violentes douleurs de tête, il ne faut pas craindre de donner le bromure de potassium à doses massives. C’est un remède
BROMURES
peu toxique que les enfants éliminent l’apidement, par tous leurs émonctoires.
On peut s’inspirer de la pratique de M. Jules Simon qui, audessous d’un an, a donné 20 centigrammes de bromure de potassium, en deux fois, au moment des tétées; et, au-dessus d’un an, 40 centigrammes. A partir de deux ans, il élève la dose à 1, 2, 3 grammes, jusqu’à effet sédatif; il a pu donner ainsi jusqu’à 10 grammes en vingt-quatre heures chez un enfant de douze ans. Ces doses énormes ne sont pas dangereuses, quand elles ne sont pas prolongées et quand elles sont données en dilution suffisante pouf ne pas irriter l’estomac. La tolérance des enfants pour les bromures est pour ainsi dire sans limite.
On peut retenir cette règle : un gramme de potassiimi par jour et par année d'âge.
Chez un enfant de quatre ans atteint de coqueluche grave, j’ai pu arrêter des convulsions éclamptiques épouvantables en administrant 4 grammes de bromure de potassium par jour. Le premier jour, l’enfant avait eu 17 convulsions avec écumeà la bouche; le deuxième jour, le chiffre tombe à 10; le troisième jour, il tombe à 2 ; le quatrième jour, à zéro.
On prescrira :
Bromure de potassium 10 grammes.
Sirop de Heurs d’oranger 50 —
Eau distillée 150 —
Uue cuillerée à soupe de trois heures en trois heures jusqu’à sédation des crises.
On pourra associer plusieurs bromures dans la même formule :
Bromure de potassium \
— de sodium / âa 5 grammes.
— d’ammonium )
Sirop d’écorces d’oranges amères 100 —
Eau distillée 200 —
Par cuillerées à café, à dessert ou à soupe (suivant l’àge : première, deuxième, troisième enfance) toutes les deux ou trois heures jusqu’à sédation.
Le bromure de strontium a été prescrit dans les mêmes cas et aux mêmes doses que les précédents.
Le bromure d’or, préconisé par le D' Goubert dans l’épilepsie et la migraine, serait plus actif; il sera prescrit par milligrammes (3 à 6 par jour en granules); c’est un remède peu usité.
J’en dirai autant du bromure d' éthylène, que le D" Donalh, de
Budapest, a prescrit, dans l’épilepsie, à la dose de X à XX gouttes, deux fois par jour, d’une émulsion huileuse :
Huile d’amaudes douces 20 grammes.
Bromure d’éthylène 1 gramme.
Essence de menthe V gouttes.
Le bromure de nickel n’a pas été plus éprouvé que le précédent, il se prescrit à la dose de 30 à 40 centigrammes par jour.
Le bromure de camphre (en dragées, capsules ou potion) a été essayé tour à tour dans hépilepsie, la chorée, l’incontinence d’urine, l’éréthisme génital, etc. C’est un antispasmodique assez puissant (10 centigrammes répétés 3 à 4 fois par jour; on peut aller au delà dans l’adolescence).
Le bromoforme doit se donner à petites doses, dans la coqueluche et les toux spasmodiques :
Bromoforme
Alcool à 90"
Sirop de tolu
Une cuillerée à café de deux heures eu deux heures
Contre l’insomnie des enfants de tout âge, on s’est bien trouvé de l’association du bromure de potassium avec le chloral; cette association fait d’ailleurs la base d’une préparation célèbre en Amérique, le bromidia \ voici la formule de ce remède populaire:
I âh G grammes.
I ââ 0 gr. 05 Q. S. pour 32 grammes.
On donnera à l’enfant, au moment de le coucher, XX gouttes de cette solution dans une cuillerée à café de sirop ou d’eausucrée.
Quand le bromure de potassium doit être continué longtemps, on a conseillé, pour le faire tolérer par l’estomac, et pour prévenir les accidents cutanés du bromisme, de faire concurremment l’antisepsie intestinale (Voy. ce mot), et d’associer le médicament au napbtol.
Il n’est pas nécessaire, je crois, de donner le napbtol qui, à la longue, irrite profondément l’estomac, et bien souvent il suffira d’ajouter au bromure de potassium une petite dose de bicarbonate de soude ou d’eau de Vichy.
Pour masquer le goût salé du bromure et accroître la tolérance
Bromure de potassium . . .
Chloral
Extrait de cannabis indica — dejusquiame
Kau
XV gouttes.
2 grammes.
BROMURES
stomacale, il faut prendre l’habitude de le donner dans un peu de lait, quand les enfants n’ont pas de répugnance pour ce liquide.
Le bromol a été employé, par Rademaker, en badigeonnages contre la diphtérie :
Bromol 1 gramme.
Glycérine 15 grammes.
Il a aussi administré ce médicament, par la bouche, à la dose deoà 10 milligrammes, chez les enfants atteints de diarrhée infectieuse.
Le bromure d'ammonium et de rubidium^ qui renferme 34 parties de bromure de rubidium et 66 de bromure d’ammonium, a été préconisé dans les états épileptiques,
Il est administré en potion, comme le bromure de potassium, à la dose de 2, 3, 4 grammes par jour (suivant l’àge) ;
Bromure d’ammonium et de rubidium 15 grammes.
Eau distillée 200 —
Sirop de menthe 100 —
Une cuillerée à potage trois à quatre fois par jour.
Les bromures alcalins, dans la coqueluche, pourront être prescrits en pulvérisations; on prendra une solution à 5 p. 100 de bromure de potassium, sodium on ammonium, et on fera une pulvérisation dans la gorge toutes les deux ou trois heures.
Le bromhydrate de quinine, dans les fièvres, le paludisme, se prescrit aux mêmes doses que les autres sels de quinine, c’est-àdire 10 à 20 centigrammes par année d’àge. Combinaison heureuse de l’acide bromhydrique etde la quinine, ce sel conviendrait surtout aux enfants nerveux, agités, au même titre que le valérianate de quinine.
11 est plus soluble et plus riche en alcaloïde que le sulfate de quinine. On pourra le donner en suppositoire, en lavement, en potion ; pour assurer sa solubilité, on l’associera à l’antipyrine :
Bromhydrate de quinine 2 grammes.
Antipyrine 2 —
Extrait de réglisse 10 —
Sirop simple 20 —
Eau distillée "0 —
Deux à trois cuillerées à café, à dessert ou à soupe, suivant l’àge.
On pourrait utiliser cette solution contre la polyurie nerveuse ou môme contre le diabète sncrè.
Mais il est préférable de donner le bromure de potassium à doses assez fortes (1 à 2 grammes par jour).
C’est aux cas de diabète aigu, rapide, maigre, que convient surtout la médication broniurée; or le diabète des enfants appartient précisément à cette variété.
BROMURE D’ÉTHYLE
Le bromure d’éthyle, ou élher éthylhromhydrique^ s’obtient en faisant agir le phosphore rouge sur le brome en présence de l’alcool.
C’est un liquide incolore, d’odeur alliacée, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther.
Il s’emploie comme anesthésique général, en inhalations, mais son action ayant une durée très courte, il ne peut convenir qu’aux petites opérations. C’est ainsi qu’il a été très employé et qu’il l’est encore dans l’opération des végétations adénoïdes. On en fait inhaler S, 10, 15 grammes au plus.
Il ne doit pas être confondu avec le bromure d'éthylène^ ayant un peu l’odeur du chloroforme, contenant 90 p. 100 de brome, et préconisé par Donath (de Budapest) dans l’épilepsie. Dose 3 à 6 gouttes par jour, dans un looch huileux ou une potion alcoolisée à cause de son insolubilité dans l’eau.
BRYONE
La bryone [Bryonia dioica), de la famille des Cucurbitacées, est employée depuis Hippocrate comme purgatif et diurétique. La racine est la partie la plus active; elle contient un principe drastique, la bryonine^ soluble dans l’eau et l’alcool.
Ce médicament a été préconisé contre les alfections de l’appareil respiratoire (bronchite, pneumonie, pleurésie, coqueluche).
La bryonine est peu usitée (1 à 2 centigrammes par jour). Mais on peut prescrire la poudre de racines de bryone (par paquets de 20 centigrammes quatre ou cinq fois par jour), la décoction