ACIDE BORIQUE
L’acide borique, qui se présente sous forme de cristaux blanchâtres, neigeux, d’un goût salé, désagréable, est une substance d’un faible pouvoir antiseptique, mais aussi d’une faible toxicité. Ses usages internes sont très restreints; on l’a prescrit dans la phtisie, la furonculose, les entérites, la cystite, la blennorragie. Mais il ne faut retenir que ses usages externes, c’est à ce titre qu’il est devenu très populaire.
L’acide borique n’est pas très soluble dans l'eau (4 p. 100, 40 p. 4 000 au maximum). On prescrit souvent la solution saturée ou la solution à 2 ou 3 p. 4 00, voisine de la saturation, mais sans l’atteindre. On peut augmenter la solubilité de l’acide borique en l’associant à la magnésie calcinée. En ajoutant 1 gr. 2.3 de ma-
L goutles.
20 grammes.
4 grammes.
gnésie par K) grammes d’acide borique en plus de 40 p. 1 000' de la solution saturée, et en faisant bouillir, on obtient dessolutions qui titrent 12 p. 100 d’acide borique.
M. Puaux a obtenu des solutions à 10 et 20 p. 100, avec le carbonate de magnésie :
1° Acide borique 100 grammes.
Carbonate de magnésie 14 —
Eau 1 000 —
2® Acide borique 200 grammes.
Carbonate de magnésie 35 —
Eau 1000 —
Les principaux usages des solutions boriquées sont les suivants :
Injections vaginales, vésicales, oculaires, auriculaires, nasales,, bucco-pharyngées ; pansements humides, compresses, cataplasmes, sur certaines plaies ou dermatoses; gargarismes, pulvérisations à vapeur, irrigations intestinales. Pour les lavements et irrigations intestinales je ne recommande pas l’acide borique ; il semble agir peu favorablement sur la muqueuse intestinale dont il ne respecte pas l’intégrité. Dans l’entérite muco-membraneuse des enfants, dans la colite dysentérique ou dysentériforme, je conseille de remplacer les lavages boriqués tièdes par les simples lavages à l’eau bouillie pure ou additionnée d’une faible dose de borate de soude (2 p. 1 000) ou de carbonate de soude. En d’autres termes, je préfère les solutions alcalines aux solutions acides pour le casparticulier.
Parmi les composés d’acide borique, c’est d’ailleurs le borate de soude qui est le plus employé en médecine. Outre la solution dont je viens de parler pour les irrigations intestinales, on prescrit très souvent le borate de soude ou borax en collutoire dans les stomatites et les angines simples. Exemples : ,
1® Borate de soude 5 grammes.
Miel rosat
Appliquer'au pinceau sur les parties malades.
2® Borate de soude
.Miel blanc
3® Glycérine
Borax
■ ’ 1 ââ 10 grammes.
4® Glycérine
Amidon
Borate de soude
! aa 4 —
(C. Sée.)
ACIDE CACODYLIQUE.
On prescrit aussi le borate de soude en gargarisme :
Borate de soude 5 grammes.
Sirop de mûres HO —
Eau 200 —
Plus récemment on a recommandé le borate de soude à l’intérieur contre l’épilepsie : on commence par 1 ou 2 grammes par jour, en potion ou en cachets, et on arrive progressivement à 4, 3, 6 grammes. A cette dose le médicament n’est pas toujours bien toléré.
ACIDE CACODYLIQUE
L’acide cacodylique, bien étudié par Danlos [Soc. méd. des hôpitaux., 16 juin 1899), par A. Gautier, J. Renaut [Acad, de médecine, 1899) est de l’acide arsénique AsO(OH)^ dans lequel deux oxhydriles OH sont remplacés par deux groupes méthyle CtP. Cet arsenic diméthyle, d’après Danlos, contiendrait plus de 34 p. 100 d’arsenic, ce qui le place entre l’arséniate de soude (24 p. 100) et l’acide arsénieux (73 p. 100); mais ce qui le distingue surtout de ces deux corps, c’est son défaut de toxicité, son innocuité. La dose de 30 centigrammes en une fois n’a pas suffi à Danlos pour tuer un lapin ; Rabuteau a dù en injecter 2 grammes à un chien pour le tuer.
Pour l’usage externe, Danlos a employé des solutions d’acide cacodylique à 30 et 73 p. 100. A l’intérieur, il a utilisé le cacodylate de soude, qui se prépare en neutralisant l’acide cacodylique en solution par le bicarbonate de soude.
Il a prescrit la potion suivante:
Cacodylate de soude
Rhum I
Sirop )
Eau distillée
Essence de menthe
2 grammes.
1 à II gouttes.
Une cuillerée à café représente 10 centigrammes d’acide cacodylique. On peut aussi donner des pilules contenant :
Cacodylate de soude 0 gr. 10
E-xtrait de gentiane 0 gr. 05
Pour injections sous-cutanées, Danlos a employé des solutions à 3 ou 3 p. 100. Un psoriasiquc a pris pendant quarante-cinq jours
80 centigrammes d’acide cacodylique, soit l’équivalent de 1 gr. 80 d’arséniate de soude par jour.
Itcnaut, Gautier n’ont pas employé de doses aussi fortes. D’après Renaut, le cacodylate de sodium, contenant près de 47 p. 100 d’arsenic, est soluble dans l’eau et donne des solutions faciles à stériliser, inaltérables et injectables. C’est une substance de choix pour les injections rectales d’arsenic; elle doit être substituée dans ce but à la liqueur de Fowler.
La solution suivante aura la môme teneur en arsenic que la liqueur de Fowler ;
Cacodylate de sodium 1 gr. 10
Eau distillée 1000 grammes.
Comme la solution n’est pas toxique, on peut augmenter la dose de cacodylate, et Renaut fait des injections rectales de 5 centimètres cubes avec les deux formules suivantes :
1“ Eau distillée 200 grammes.
Cacodylate de sodium 0 gr. 25
(Solution faible.)
2“ Eau distillée 200 grammes.
Cacodylate de sodium 0 gr. 40
(Solution forte.)
Pour les injections sous-cutanées, on se sert d’une solution à 1 p. 100, de sorte qu’on introduit à chaque injection un centigramme de cacodylate de sodium.
Lavements ou injections sous-cutanées ont été employés avec succès chez les tuberculeux et dans les dermatoses qui indiquent la médication arsenicale (Danlos). On peut les employer également dans les anémies graves, la chlorose, la pseudo-leucémie, la leucémie ; de même dans la chorée de Sydenham qui cède si rapidement à un traitement arsenical intensif.