iJp. cit., p
'i. Op. cit., p. 61, 66.
tesse et de troubles saris souvenir des premiers'. Des faits analogues ont été notés dans la plupart des études sur les « doubles personnalités » :, on les trouverait bien décrits dans l'ouvrage de M. L. Laurent sur « les états seconds », 1892. Ce sont ces études disséminées sur les « exaltations crisiaques des magnétiseurs » (jui constituent, à mon avis, la première partie et la plus ancienne des recherches qui vont donner naissance au traitement aesthésiogénique.
Il me semble juste maintenant pour suivre l'évolution historique des idées de rattacher à ces premières observations des études et une école aujourd'hui f'oi-t oubliées, les études sur la métallothérapie et l'école de 13urq. Les c^octrines de Mesmer sont sorties, comme on l'a vu, de vieilles croyances qui attribuaient aux astres une grande influence sur le corps humain ; les nouvelles thérapeutiques dont nous avons ii parler se rattachent aux idées du moyen âge sur linduence des- métaux. Ces croyances avaient déjà joué un rôle dans les traitements par les « tracteurs métalliques » de Perkins, en Angleterre au xvii* siècle, dans les expériences de Wittchman, 1769 et de Fischer, 1802. Elles s'unirent avec les crovances relatives h l'action des aimants qui remontent jusqu'à l'anticjue Egypte : déjà en 1771 1 abbé Lenoble préparait des pièces métalliques plus ou moins aimantées que le malade devait porter au poignet et sur la poitrine. Le rapport d'Audry et de Thouret sur ces pratiques (Société royale de médecine, 1779) l'ut plutôt élogieux et des aimants furent utilisés dans la thérapeutique par Laennec, Alibert, Chomet, Récamier, Trousseau, i83H. Parmi les magnétiseurs quelques-uns adoptaient ces idées sur le rôle des métaux et des aimants. Des|)ine (d'Aix) écrivait en i8/|0 : « Je m'étais aperçu de la singulière appétence que ces malades montraient pour l'or le plus pur ; je m'étais aperçu également de l'influence manifestement différente qu'avaient sur eux le zinc, le cuivre jaune et le fer aimanté... Aussitôt que l'or la touche ses bras reprennent de la vie, si le verre la touche il enlève tout le bon elfet de 1 or... L'or pur est pour Estelle un véritable levier avec lecjuel elle soulèverait le monde*... »
(]'est le Dr Burq cjui, de i85i à 1880, réussit le mieux à répandre ces doctrines et ii leur donner au moins une apparence scien-
I. \\ v\r Mililioll. Mary lirynolds a cese of double conscionsness, 1889. ■i. I)os|)iiio (^à'X'w). Le nuiiinvtisiiu' aiLV eaux d'Air, i84o. p. 6^, l'j'i.
LES AESTHÉSIOGÉNIES • 7^
tifique. Dans sa thèse, i85i, dans ses divers mémoires aux Académies, iSôs, 1S67, 1871. dans son dernier livre enfin, fort intéressant. « des origines de la niétallothérapie », 1882; Burq étudie '< les modifications que produisent les applications de plaques métalliques sur la peau des malades, ainsi que l'ingestion de ces mêmes métaux ». Ces expériences ont lieu le plus souvent sur des névropathes, sur des hystériques présentant des altérations de la sensibilité cutanée et musculaire. Gendrin. Beau, Briquet, i846-5o avaient attiré l'attention sur les troubles de la sensibilité tactile des hystériques, déjà étudiée avant iS4o par les magnétiseurs, comme nous venons de le voir à propos de 1 ouvrage de Despine. Mais c'est Burq qui a attribué à ces troubles une grande importance et qui a déterminé sur ce point renseignement de Charcot à La Salpêtrière.
Tous les métaux appliqués sur la peau n'avaient pas un égal pouvoir, certains n'avaient aucune influence; mais un métal particulier <' par une sorte d'idiosyncrasie métallique propre à chaque sujet » agissait nettement sur le malade. Le choix du métal étant déterminé par quelques essais qui constituaient » la métalloscopie », Burq prenait une sorte de bracelet composé de plusieurs pièces métalliques réunies par un ruban et l'appliquait sur l'avantbras insensible. Après un temps qui variait de deux ou trois minutes à un quart d'heure, si le métal avait été convenablement choisi, le sujet percevait des démange;iisons et des frissons variés, des sentiments de chaleur et de lourdeur dans le membre, « un fourmillement général, dit l'auteur, annonçait invariablement la fin de l'attaque et le retour de la sensibilité dans toutes
les parties du corps il v a toujours des phénomènes de dyses-
thésie dans le passage de l'analgésie à la sensibilité'». En même temj)s, en effet, le sujet commençait à percevoir d une manière de plus en plus correcte les piqûres et les diverses impressions faites sur la peau t<»ut à l'heure anesthésique.
Kn même temps que ce retour de la sensibilité on observait un certain nombre d autres modifications. La circulation se rétablissait, la peau perdait sa coloration blafarde, les piqûres qui d'abord étaient exangiies commençaient à laisser sourdre des gouttelettes de sang et la peau rougissait ' dans leur voisinage; la température de la peau s'élevait cjuelquefois de plusieurs
I. Miir<|, Des originel de la mêlallothérapie. 1881, p. 36. H3.
degrés et on observait en même temps de la moiteur'. Entin la force musculaire très généralement diminuée dans le membre anesthésique réapparaissait normale. Ces modifications d'abord locales gagnaient de proche en proche d'une manière continue et déterminaient une transformation générale de l'individu. Les paralysies et les contractures, les accidents convulsifs, les troubles viscéraux eux-mêmes disparaissaient. Pour arrêter les grandes crises d'hvstérie il fallait selon Burq mettre la malade en contact avec le métal sur la plus grande surface jpossible : si 1 or était son métal de prédilection, ce qui arrivait fréquemment, la couvrir de pièces d'or était le meilleur moyen pour guérir toutes ses maladies.
Burq était convaincu que dans ces guérisons la restauration de la sensibilité cutanée, musculaire et viscérale jouait le principal rôle: ^<- Comment nous refuser à voir, disait-il, que l'anesthésie et l'aravosthénie si constantes dans l'hystérie marchent de pair avec tous les autres phénonïènes, qu'elles en sont la mesure et aussi probablement la base, puisque les attaques et tous les autres accidents ont disparu avec le retour de la sensibilité et des forces' ». De ces théories découlent des conséquences pratiques que fauteur exprime dune manière jtssez modérée: « Une affection nerveuse avec anesthésie et amyosthénie étant donnée, tout le traitement consiste à trouver un moyen, quel qu'il soit, qui puisse ramener la sensibilité et la motilité à l'état normal. Les agents pour atteindre ce but sont nombreux : il y a par exem pie l'hydrothérapie, la gymnastique, l'électricité, les excitants de toute sorte, les rubéfiants, les vésicatoires, le magnétisme animal, les neuvaines mêmes, comme tout ce qui frappe l'imagination ; mais de tous les moyens l'un des plus elficaces est l'application méthodique d'armatures métalliques qui suivent clés allinités individuelles mystérieuses''. »
En 1876, Burq présenta ses expériences à la Société de Biologie qui nomma une commission pour en examiner la .réalité. Charcot fut le président de cette commission et fil répéter les expériences dans son service à la Salpôtrière. C'est encore lii un petit événement qui a eu sur l'enseignement de la clinique une influence énorme. En même temps que, les conceptions des magnéli<(ni>