‹ Les médications psychologiques (volume 2)Chapitre 86 sur 118 · I. (1. Halict. liiilletiii inéilinil. KioO. p. ((,S · texte numérisé non relu

I. (1. Halict. liiilletiii inéilinil. KioO. p. ((,S

contre lequel Magnan protestait déjà avec indignation, « tju il n'y a rien à faire à nos malades'. »

Ces alfirmations sur l'évolution régulière et immuable des névro-psvchoses, ces répartitions des maladies mentales dans des cadres immuables, ces affirmations sur leur évolution régulière et fatale me semblent encore plus téméraires que tous les rêves des psychothérapeutes les plus enthousiastes. Sauf dans quelques périodes terminales où 1 on peut voir une certaine régularité, l'observation clini(jue nous montre dans les maladies de l'esprit une étonnante variabilité et une irrégularité déconcertante. Les troubles physiologiques et psychologiques se transforment incessamment sous toutes les iniluences physiques et morales et nous avons beaucoup de peine à énumérer les innombrables phénomènes qui font osciller comme un ludion le niveau mental des malades. S'il en est ainsi comment affirmer à priori que seuls les événements fortuits peuvent exercer une action favorable et que jamais nos pratiques volontaires et-concertées n'auront un semblable succès? Ce serait nier d'avance toutes les inventions humaines, toutes les applications pratiques des sciences.

En fait il me parait bien difficile d'attribuer au pur hasard toutes les améliorations, toutes les guérisons mômes qui ont été fort bien décrites dans de nombreuses études de psychothérapie. J'aiin-.isté moi-môme assez longuement sur de nombreuses observations où l'action ellicace de tel ou tel procédé de traitement ne pouvait guère être mise en doute. Dès maintenant la psychothérapie entendue dans le sens large, en y comprenant tous les procédés de traitement déterminés par la connaissance des lois psychologiques ou physio-psychologiques a certainement rendu dans un grand nombre de cas des services manifestes. C'est pour mettre en évidence ce rôle bienfaisant de la psychothérapie que j'ai donné tant de développement ii de nombreuses observations.

Ces |)remières tentatives de la psychothérapie, si prématurées qu'elles soient, ont encore une autre valeur : elles ont réveillé la psychologie et l'ont biutaleinciit rappelée à la ([uestion. 1/évoliilion (le connaissances humaines suit rarement une marche logique : les applications (|ui devraient dériver des théories et

I VA. V. Sc''ri<Mi\, \/,i vie cl les œuvres de \ . Magnan. Aimoles niéilico-psycholojniiifs. (Ml. i(|i7, 1). ./i97.

CONCLUSION 46y

des sciences les précèdent souvent et les dirigent. Ce sont les nécessités des applications thérapeutiques qui forcent aujourd hui la psychologie à aborder l'étude qui lui est propre, la description et l'explication scienlifique de la conduite humaine. Des études précises sur des détails de celte conduite, sur le besoin d'aimer, sur la jalousie, sur la timidité, etc., qui semblaient être autrefois des accessoires insignifiants, des compléments littéraires surajoutés à la véritable psvchologie, doivent être considérés comme l'essentiel d'une psychologie vraiment pratique et utile. La recherche des lois relatives aux variations de 1 humeur, aux degrés de lactivité, aux formes de l'émotion, ne doit pas être laissée aux romanciers, mais elle doit être au premier plan des piéoccupations des psvchologues. puisque c'est sur ces lois que doit précisément se fonder toute la psvchothérapie. Le médecin a fait tout à coup appel à la psychologie et lui a demandé de lui rendre des services auxquels elle n'était pas du tout préparée. Elle s'est montrée insuffisante à sa tâche et c est ce qui a jeté le discrédit sur la psvchothérapie elle-même. Mais cet insuccès la forcée d'entreprendre des études nouvelles à de tout autres points de vue. ce qui la entièrement régénérée.

C'est le sentiment de ces lacunes de la psychologie qui m'a poussé il insister dans cet ouvrage sur l'interprétation de certaines notions psychologiques parliculièiement importantes au point de vue de la thérapeutique. J ai essavé de préciser la signification de certains termes usuels, de faire c<)mprendre par quelques analyses psvchologiques les faits qui jouent le plus grand rùle dans les dépressions de l'esprit et dans leur traitement. .\ tort ou à raison je fonde de grands espoirs aussi bien pour la science psvchologique que pour la psvchothérapie qui doit en faire l'application prati(jue sur létude de ces caractères de la conduite (jue I on peut appeler les degrés de force et de tension psvchologiques, sur l'étude des diverses oscillations de l'activité mentale, et c'est pour(|uoi plusieurs chapitres de ce livre ont été consacrés à ces recherches.

Kn un mot cet ouvrage, tout inc«)mplet qu il soit nécessairement aujourd'hui, essave d aborder un problème encore bien peu connu, le problème de l'administration économique des forces de l'esprit. Il fsi probable qu'un jour on saura établir le bilan et le budget d'un <'>[»rit. cumme on étabnt ceux d'une maison de commerce. .-X ce moment, le médecin psvchiatre sera capable de birn

utiliser de faibles ressources en évitant les dépenses inutiles et en dirigeant 1 efTort exactement au point nécessaire ; il fera mieux, il apprendra à ses malades à augmenter leurs ressources, à enrichir leur esprit. J'espère que ces travaux n'auront pas été tout à fait inutiles à ceux qui découvriront un jour les règles de cette bonne administration de la fortune psychologique.

INDEX DES AUTEURS CITÉS

Adkin (Thomas, F.), III, 1^8.

Agrelo (J. Antonio), I, loo, i8a.

Aimé (H.), III, iJia.

Albfbtf. I, lAg.

Alibert, III, 78.

Ar.QuiER (L.). III, 3 16. 820.

Ampère, I, 27.

Amtot (le père). III, 4.

Amgell (de Chicago), I, i85, 3ii.

AXGLADE (D'), II, 6.

Antoine (Le gui';risseur), I, 08.

Apollonius (de Tvane), I, 18.

Arie (de Jong), I, 179.

Arnald (do Vanvp>), II, aS. 35 ; III,

AsCHAFFKNBLKf., II, 23^.

\tkinson (William WalLer), I, loi :

III, 18, i48. aô6.

Aldrt, III, 78.

AxEriFELD, II, aa5. 369.

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3oa.

Baillargeh. II, io!^■ Baillif, I, i'i8, 275.

Bailly. I, 22.

Bair (J. H). III, 27.

Baissas (De). I, 173.

Baldwin (Jamfx Mark), I, i84, 21a.

Ballet Cr.ilhert;. I, 11 1. 177 ; III, 12.

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