Automatisme psychologique, 1889, p
2. Despine (d'Aii), Le magnétisme aux eaux d'Aix, i84o, pp. 86, a^a.
3. Fontan et Ségard, Eléments de médecine suggestive, 1887, p. 87.
4. Cf. Haberman, Hypnosis, Clinical lectures in the department of neuralogY, New-^ork, 1910, p. 19.
avec lu majorité des observateurs pour considérer la névrose hystérique comme la condition principale de l'hypnotisme proprement dit. Si l'on veut préciser on peut remarquer que l'hypnotisme est plus facile chez les malades qui ont déjà présenté des phénomènes de dissociation psychologique, des somnambulismes naturels, des crises avec perte de conscience apparente, délire et amnésie consécutive, des actes subconscients, etc. Cela revient à dire que l'hypnotisme est d'autant plus aisé que l'hystérie est plus accentuée et a pris davantage sa forme mentale caractéristique.
A cette condition fondamentale s'en ajoutent d autres plus particulières qui jouent un rôle important dans la détermination du moment où l'hvpnotisme est provoqué chez un sujet d'ailleurs prédisposé par son état mental hvstérique. Ce sont les mêmes conditions que nous avons déjà vu intervenir dans la suggestion. La fatigue est très souvent le point de départ de véritables somnambulismes : M. Tissié en a signalé un remarquable exemple chez un coureur de bicyclette. Dans ces cas l'épuisement amène un abaissement de la tension psvchologique portant surtout sur les tendances personnelles les plus élevées tandis que d'autres tendances inférieures peuvent se développer isolément. Mais c'est surtout la fatigue mentale, celle qui est produite par la prolongation de l'attention qui détermine des somnambulismes par ce mécanisme. Je lai constaté bien souvent à l'époque où j essayais de faire travailler moi-même des malades hystériques pour développer leur attention. Plusieurs malades semblaient s'absorber dans une étude et perdaient peu à peu la notion de leur situation et de leur personnalité présente : elles se mettaient à rêver ou à délirer et quand on les secouait pour les ramener à la réalité, elles semblaient se réveiller avec étonnement et ne conservaient pas de souvenir de cette obnubilation passagère. J'ai décrit chez Marcelle un état somnambulique de ce genre déterminé simplement par une explication à propos du champ visuel. Ces faits sont beaucoup plus fréquents qu'on ne le pense et beaucoup de crises à forme délirante somnauibulique commencent ainsi à l'occasion d'un petit épuisement déterminé par une opération mentale quelconque que le sujet a essayé de faire.
Sans bien se rendre compte de ces faits les expérimentateurs avaient <léjà été amenés à emploverla fatigue de l'attention jtoui'
déterminer l'hypnose. Les passes des magnétiseurs, la fixation du point brillant au-dessus des yeux, telle que l'avait imaginée Braid, comme la contemplation du nombril des fakirs, faisaient appel à un effort prolongé de l'attention. Beaucoup d'observateurs ont remarqué le rôle de cette concentration de l'attention au début de l'hypnose et savaient fort bien que l'hypnose ne se produisait pas si les sujets ne se prêtaient pas à ce travail ou s'ils en étaient incapables, Haidenhain, Durand (de Gros). Braid, M. Stanley Hall, puis M. Schneider*, M. L. Fischer^ et plus récemment Munsterberg ont beaucoup insisté sur l'importance de cette « over attention » dans la provocation de l'hypnotisme. Mais il est important de comprendre comment agit cet effort de l'attention. Durand (de Gros) donnait autrefois une singulière interprétation de l'expérience de Braid : cette concentration de la vision sur un spectacle insignifiant détermine une sécrétion importante de la force nerveuse sans la dépenser ; cette force s'accumule d'une manière surabondante et c'est dans cette réserve que la suggestion pourra puiser. La plupart des auteurs précédents comme Munsterberg semblent croire que c'est la puissance même de l'attention qui détermine le sommeil hypnotique comme la suggestion. Nous venons de voir que cela est bien peu vraisemblable et que l'attention de ces malades, même concentré est en réalité très faible.
Il me semble au contraire que l'explication doit être cherchée dans le sens qu'indiquait déjà autrefois Hack Tuke : « 11 me semble impossible, disait-il, d'exclure l'acte d'attention d'aucun des procédés physiques usités pour développer la susceptibilité suggestive ; au bout d'un certain temps la volonté est épuisée, paralysée, alors se produit l'action involontaire avec ou sans conscience ^. » Un magnétiseur, Perronnet, disait aussi fort bien : « l'attention consciente restant fixée longtemps sur un même groupe de phénomènes psychiques, les cellules nerveuses qui servent à ceux-ci de substratum anatomlque subissent une impulsion graduelle vers l'état inconscient. » Ces idées ont été reprises par M. Ch. Rlchet S par MM. Fontan et Ségard, par Féré surtout : « toutes les excitations sensorielles dont on se
1. Sneidcr, Die psychologische Ursache der hYpnotischen Erschcinungen, i88o.