I. J. R. Angell. PsycJiôlherapy de Parker, I, I, p
ptômes qui clans certains cas sont morbides et qu'on les utilise cependant pour la thérapeutique'.
MM. Déjerine et Gauckler vont plus loin dans le même sens: pour eux la suggestion est méprisable parce qu'elle n'agit que sur la surface de l'esprit et non sur le fond de l'âme, elle modifie seulement des symptômes et ne transforme pas le fond de l'esprit du malade^. Quand même cela serait vrai, est-il donc interdit de recourir à des médications svmptomatiques et toute la thérapeutique des autres maladies n'en est-elle pas remplie ? Est-il donc interdit dans le traitement d'une maladie' tuberculeuse d'ouvrir un abcès local et le traitement purement local de cet abcès ne sera-t-il pas utile au traitement général de la maladie. « Quel avantage y a-t-11, demandent ces auteurs, à supprimer un accident si le terrain reste ?^ » H y a souvent à cela un très grand avantage, quand cet accident est par lui-même pénible, dangereux et quand il empêche par lui-même la reconstitution du terrain ; si une hystérique présente de l'anorexie et refuse toute nourriture, il est bon de la faire manger, même si son état mental reste hystérique et cela n'est pas inutile au traitement général de cet état mental lui-même.
Un autre groupe de critiques bien plus souvent répétées nous montre que la suggestion hypnotique s'adresse aux tendances automatiques du malade et non à sa raison, à sa volonté, à « la participation de son moi ». Or il paraît d'après la psychologie de certains médecins que les tendances automatiques de notre esprit sont quelque chose d'inférieur, de vil, de beaucoup plus bas que la raison, la volonté, « la participation du moi ». En conclusion, le traitement qui fait appel à ces parias de l'esprit devient lui-même vil et dégradant. Après avoir parlé de mes travaux avec une amabilité dont je le remercie, M. Dubois (de Berne) gémit en remarquant que je me sers encore trop souvent de la suggestion dans le traitement des malades et il ajoute avec tristesse : <.( Comment M. Janet peul-il consentir à pénétrer dans l'esprit de ses malades par cette porte de derrière, this back door. » Je pourrais lui répondre que je suis modeste et que pour
1. J. J. Putnam, Considérations sur la thérapeutique mentale, Harvard médical school, department of neiirology, 1906, p. i4-
2. Déjerine et Gauckler, Les manifestations fonctionnelles des psycho-névroses et leur traitement, 191 1, p. vu.