I. Mark Twain, op. cit.. p. Oô
religion régnante, soit l\ des superstitions locales. M. Woodbridge Rilev' a bien montré rinfluence des Shakers et les formules empruntées à l'enseignement de la prophétesse Anne Lee. On reconnaît nettement un décor religieux surajouté à un enseignement qui n'a au fond rien de véritablement religieux.
On croirait être plus près de la vérité en considérant la Christian science comme un système de philosophie et surtout comme un svstème de philosophie idéaliste. Je crois que l'on se tromperait également en donnant à cette philosophie idéaliste une grande importance et en la mettant au premier plan dans les préoccupations de Mrs. Eddy et de ses disciples. Cet idéalisme est très peu cohérent et très peu logique, il est trop facile de montrer à chaque ligne des contradictions ridicules. Dire perpétuellement que la matière est une illusion, c'est toujours parler d'elle, c'est une autre manière d'afTirmer son existence et son importance. Il faudra toujours expliquer cette illusion et les apparences variées de cette illusion. Cette apparence est un produit de « l'esprit mortel », soit, mais qu'est-ce que cet « esprit mortel » qui remplace la matière et qui soulève à son tour exactement les mêmes problèmes ? D'où Aient- il, comment agit-il pour engendrer l'illusion ? Mrs. Eddy donne tout le temps la même réponse : « l'esprit mortel n'a pas d'origine, ni d'action, puisqu'il n'existe pas ». Mais s'il n'existe pas non plus, comment explique-t-il quelque chose? Nous en revenons toujours au problème pratique, si la matière n'existe pas, comment et pourquoi vous conduisez-vous comme si elle existait? Du commencement à la fin de la Christian science, dit Mark Twain, il n'y a pas une seule chose qui soit reconnue réelle, excepté le Dollar. Pourquoi donc veut-elle être payée en dollars réels ? Comme dit également M. Ch. G. Pcase, dire qu'il n'y a pas de matière et offrir une chaise à son interlocuteur, c'est faire un mensonge.
Jamais Mrs. Eddy ne se préoccupe de ces objections évidentes, jamais elle n'essaye de donner de sa doctrine une exposition systématique. C'est nous qui mettons sur leurs pieds les principes de ce système idéaliste et qui lui donnons une forme philosophique afin de pouvoir le résumer; mais en réalité ce système n'a jamais été exposé, il est disséminé au milieu de mille autres
1. Woodbridgc Riley, Les sources personnelles de Cliristian science. Psycholofjical review, novembre igoS, p. 6o0.
cliuses et il semble bien comme les formules religieuses ellcsmêmes être surajouté à quelque autre édifice dont il ne constitue qu'une partie insignifiante.
Il ne faut pas oublier que la Christian science est avant tout une méthode médicale, un système thérapeutique et que c'est toujours et uniquement la préoccupation du traitemen-t des malades qui dirige toutes les conceptions de l'auteur. Or la conception fondamentale de cette thérapeutique est la notion de l'influence essentielle que peut avoir sur 1 évolution de la maladie l'idée que le malade a de son propre mal. Si le malade se croit perdu, la maladie devient par là même beaucoup plus grave, s il a confiance dans sa guérison, le rétablissement est beaucoup plus facile. C'est cette remarque banale, démesurément agrandie, qui est au fond toute l'inspiration de Mrs. Eddy. 11 lui faut donc arriver h donner au malade le mépris de son mal, à lui inspirer le sentiment que sa maladie n'est pas dangereuse, qu'elle n'a pas d'importance, qu'elle n'est rien, qu'il est lui-même quelque chose de grand, de supérieur, mille fois capable de terrasser ce mal méprisable. Nul n'a mieux relevé que \Yilliam James ce caractère essentiel de la Christian science. Dans son livre sur « l'Expérience religieuse » il montre que l'essentiel de cette doctrine est le sentiment de l'optimisme, de la confiance en soi-même et dans l'univers : « les initiateurs de la nouvelle foi, dit-il, ont eu l intuition profonde de la puissante vertu des attitudes optimistes de l'àme pour nous sauver de tous les maux. Us crovaient ardemment à refflcacité du courage, de la confiance, ils méprisaient la crainte, la défiance de soi, l'inquiétude maladive : le pessimisme rend fainéant, et l'optimisme rend fort. »
Tout le svstème de Mrs. Eddy me paraît simplement destiné à donner à cette idée fondamentale une sorte de justification logique et à développer ce sentiment de la confiance en soi et du mépris du mal. C'est pour enlever h la maladie sa puissance apparente que l'on protestera contre la tyrannie de la chair, que l'on niera la douleur, la fatigue, les lésions, que l'on supprimera le corps lui-môme en le réduisant à une illusion iusignifiante. C'est pour fortifier la confiance du malade en sa propre personnalité qu'on fera de lui un pur Esprit, éternel, tout puissant, inaccessible à la douleur et à la mort. De tout cela va résulter un système idéaliste, mais c'est lui grand étonnement de l'auteur
lui-même, fort indifférent à la philosophie. La religion va s y trouver mêlée, car on ne peut pas parler d'Esprit, d'âm^ éternelle, sans évoquer les pensées religieuses. Tant mieux, car on trouvera dans les sentiments religieux accidentellement évoqués une force nouvelle. Mais tout cela est fort peu cohérent et cela importe peu, car l'auteur ne tient pas à faire un système philosophique ou religieux. Il lui suffit qu'il ait évoqué dans l'esprit du malade l'idée d'une puissance merveilleuse, celle de son âme planant bien au-dessus de misères corporelles insignifiantes.
Quelle est l'origine de cette conception fondamentale? La réponse est aujourd'hui facile grâce aux études précisas de plusieurs auteurs '. Cette conception est celle du D"" P. P. Quimby qui soigna et guérit en 1861 la paraplégie hystérique de Mrs. Eddy, qui lui expliqua son enseignement et lui confia ses manuscrits. On retrouve dans les livres et dans les manuscrits de P. P. Quimby tout l'essentiel de ce qui a jamais été écrit par Mrs. Eddy, simplement avec moins de déclamations. Comme on l'a déjà vu cet ancien ouvrier horloger, devenu magnétiseur, en était arrivé peu à peu à supprimer tout traitement médical et même à renoncer aux pratiques du magnétisme; il n'avait plus confiance que dans sa parole et dans l'instruction du malade. « Je ne donne pas de remèdes, écrivait-il déjà en 1869, j^ m'asseois simplement près du malade, je lui explique la vérité sur lui-même et sur les choses, je lui explique ce qu'il croit être âa maladie et mon explication est tout mon traitement. Si je réussis à corriger ses erreurs, je change l'état de tout son système et je rétablis en lui la vérité et la santé : la vérité est mon seul traitement... Quand je mesmérisais le sujet, il se prescrivait quelques simples 'qui ne lui faisaient ni bien ni mal et dans quelques cas le malade guérissait : je crus donc à cotte époque que certaines médecines guérissaient dans certains cas si le malade se les ordonnait h lui-même. Mais bien des erreurs et des médicaments inutiles me conduisirent à examiner cette question et m'amenèrent à la position que j'occupe maintenant : la
I. Cf., en parliculicr, GofldarcJ, American journal of psycholoyy. 1898, p. 4^7; A. G. Dresser, The Irue hislory of mental science, Boston, 1899; Woodbridgo Rilcy, Les sources personnelles de Christian science, Psychol'ofjical review, novembre igoS; G. Milminc, Mary Baker, G. Eddy, Mac Chire's Marjasine, 1907.
guérison ne dépend pas de la médecine, mais de la confiance que le malade a dans le docteur ou le médium. Maintenant je me borne à nier la maladie comme une vérité, je ne l'admets que comme une erreur, comme les autres histoires sans fondement que l'on se transmet de génération en génération et qui deviennent une part de la vie des peuples. » Pour arriver à nier ainsi l'existence de la maladie Quimbv insistait aussi sur la supériorité de l'esprit, sur la non-réalité de ce qui est inférieur et matériel et développait lui aussi un vague système idéaliste tout à fait analogue à celui que nous avons vu chez son élève. Déjà en i863 Quimby appelait son système « Christian science » et il employait les formules qui vont remplir le livre Science and health : « Error is sickness, truth is health ; Error is matler, truth is God ; God is righ, terror is wrong, etc. »
Au début d'ailleurs pendant les premières années après sa propre guérison et même après la mort de Quimby, Mrs. Eddy lui rendait justice : elle répétait sans cesse qu'elle se bornait à faire connaître l'œuvre du D'' P. P. Quimby, elle a écrit des lettres qui ont été retrouvées et dont la photographie a été publiée par M. G. Milmine. Dans ces lettres la future fondatrice de « Christian science » se bornait à célébrer la gloire de Quimby, elle déclarait qu'il ne mesmérisait pas, mais qu'il guérissait de la même manière que le Christ; elle a même composé une pièce de vers sur ce sujet. C'est à partir de 1S72 qu'elle commença à supprimer Quimbv de plus en plus. Au commencement elle disait qu'elle écrivait seulement une préface au livre de son maître, puis elle admit qu'elle incorporait la préface au texte et que le livre était en partie l'œuvre de Quimby. Enfin elle en vint à l'idée que sa propre interprétation était supérieure au manuscrit qu'elle publiait et en 1876 elle déclara que le tout était son œuvre. Quand elle publia son livre neuf ans après la mort de Quimby elle prétendit que cet ouvrage était déjà prophétisé dans les Evangiles de saint Jean et qu'il lui avait été inspiré directement par le Saint-Esprit qui était descendu sur elle. Elle place la date de cette révélation tantôt en i84/l, tantôt en i853, tantôt en i864. Quand elle parlait de Quimby elle commençait à l'accuser de tous les crimes possibles et en particulier de « magnétisme malicieux ». S'il y avait quelque chose de bien dans ses livres, c'est qu'elle le lui avait appris ellemême. Si on a retrouvé et publié des lettres écrites par elle et
vraiment trop compromettantes c'est qu'elle a été contrainte de les écrire par une influence mesmérique'.
Peu importent ces protestations puériles : tout ce que l'on peut dire de mieux pour excuser Mrs. Eddy c'est. qu'en sa qualité d'hystérique délirante elle avait plus que d'autres le pouvoir de transformer en croyances sincères ses propres désirs. Il reste acquis pour l'histoire de la psychothérapie que cette doctrine curieuse est celle de P. P. Quimby. Cela est intéressant pour comprendre la filiation des idées, car Quimby est avant tout un élève du magnétiseur français Ch. Poven qui avait introduit en Amérique les doctrines de Deleuze. On retrouve d'ailleurs encore dans la « Christian science » la trace du magnétisme dans les théories sur l'inconscience, sur le rapport entre le médecin et le malade, sur le pouvoir de la volonté, sur la communication des pensées, sur le diagnostic à distance dans « absent treatment ))^. Les attaques grossières contre le magnétisme n'ont pas d'importance, ce sont des querelles de frères ennemis et il est intéressant de constater qu'en Amérique la « Christian science » est sortie du magnétisme animal de même qu'en France l'hypnotisme en est sorti. Ce qui reste de personnel à Mrs. Eddy dans l'œuvre étrange de la « Christian science », c'est son organisation pratique, c'est la transformation du petit cabinet de consultation du pauvre D"' Quimby en l'église colossale de Boston. Il me semble que l'on ne peut pas mieux caractériser son œuvre qu'en la définissant l'exploitation industrielle d'une idée de Quimby et c'est déjà en réalité une œuvre fort remarquable et véritablement surprenante.
C'est le succès extraordinaire de cette exploitation qu'il faut maintenant chercher à comprendre. Quelle est la raison qui a déterminé en Amérique cet extraordinaire développement de la « Christian science » ? Les raisons qui ont été indiquées par divers auteurs sont assez nombreuses et ont toutes quelque intérêt. Ainsi il est juste de reconnaître que le pays et l'époque où a vécu Mrs. Eddy était particulièrement favorable au développement des doctrines mystiques et quelque peu superstitieuses. Les Shakers avaient eu beaucoup d'influence et une de leurs
1. A propos de celte discussion, cf. les articles de jNI. G. Milmino.
2. Cf. Woodbridgc Rilcy, op. cit., p. 607; Mental liealing in America, Comptes rendus du Congres de Genève, 1909, p. 772.
LES TRAITEMENTS PHILOSOPHIQUES 7o
colonies florissantes se trouvait à Canterbury non loin de Tilton où habita longtemps Mrs. Eddy. Les guérisons miraculeuses étaient fréquentes à cette époque : John Alexander Dowie, né vers i85o, linventeur du « divine healing », puis le révérend A. B. Simpson de New-York ressemblent fort à des faiseurs de miracles. Des illuminés guérisseurs, les Schrader, les Bradley, les Newell parcouraient les campagnes de village en village ; le plus illustre d'entre eux, Francis Schlatter, se figurait être le Christ. Il en portait le costume et en copiait les attitudes, il se })résentait comme un envoyé de Dieu chargé par son père de guérir les maux de la pauvre humanité. Le public était préparé et ne devait pas trouver surprenants le langage et les procédés de Mrs. Eddy.
Si la Christian science pouvait satisfaire quelques tendances mystiques elle présentait aussi un caractère éminemment pratique bien fait pour plaire à des hommes ambitieux et actifs, préoccupés avant tout du succès matériel. Ce n'est pas une religion de faibles et de gémisseurs, on n'v reconnaît, on n'y admet que la santé, la force et le courage. La maladie, la souft'rance, la faiblesse n'existent pas, c'est bien simple : par conséquent il n'y a pas lieu de s'en occuper. Il n'y a pas d'enterrements dans ces temples, car la mort n'étant qu'une illusion, on ne doit pas la reconnaître, ni la célébrer. La pauvreté n'est pas non plus reconnue, elle n existe pas davantage : aussi les temples sont beaux, les cérémonies luxueuses, tout doit être large et bien payé et cette religion ne pratique aucune charité. D'ailleurs la « Christian science » assure à ses fidèles la richesse comme la santé : « Le livre, dit Mark T^Aain, vous dirige vers des professions où vous acquerrez de la fortune. Tout est nié, gouvernement, civilisation, science, mais l'importance du business n'est jamais mise en doute. » « Cette religion, dit aussi M. G. Milmine, apporte un message de joie h tous, elle exalte la santé, la vanité, la prospérité matérielle comme de hautes vertus. Elle en fait la manifestation de l'union avec Dieu. Loin de repousser les riches elle les vante et parle toujours du mérite de la vie, de sa valeur, de sa sécurité : c est 1 inverse des vieilles religions. Elle contribue ainsi au sens général de satisfaction et de bien-être qui caractérise cette société économe. » Tout cela est fort juste et il est évident que s'adressant au peuple américain la Christian science trouvait dans ces caractères pratiques un grand élément de succès,
C'est un caractère pratique de ce genre qui a multiplié les élèves autour de Mrs. Eddy et qui lui a permis de grouper autour d'elle un si grand nombre de guérisseurs fidèles. La loi qui règle en Amérique l'exercice de la médecine n'est pas absolument comparable à la nôtre : elle permet à diverses écoles de médecine de valeur inégale de décerner le titre de docteur en médecine : c'est au public à apprécier la valeur du titre décerné par telle ou telle école. Mrs. Eddy assurait une belle clientèle à celui qui serait pourvu du titre qu'elle décernait et elle accordait ce titre moyennant finance après quelqties vagues et rapides études de métaphvsique. Les guérisseurs sont ainsi recrutés très facilement dans toutes les classes de la population. « Ce sont d'anciens maîtres d'école, des modistes, des tailleurs, des musiciens, des mères de famille et des jeunes femmes sans vocation. » Il faut voir, dans l'étude de M. G. Milmine, l'enthousiasme d'un vieux marin quand il apprend qu'il peut, après avoir il est vrai versé 8oo dollars, devenir en trois semaines un médecin merveilleux. Il y a là une séduction irrésistible pour une foule de pauvres diables qui cherchent à gagner leur vie et le succès de l'école une fois bien reconnu, Mrs. Eddy était assurée de ne jamais manquer de disciples.
Mais il fallait établir le succès de l'école et c'est là qu'était la difficulté essentielle : c'est pourquoi ces explications précédentes du succès de la « Christian science » me semblent insuffisantes. Quelle que soit l'importance des circonstances accessoires, il faut accorder dans cette œuvre une grande part au caractère et à la volonté de la fondatrice, sinon à son génie. Une chose qui a toujours frappé les historiens, c'est l'organisation de l'école et la discipline établie par Mrs. Eddy parmi tous ces guérisseurs. « II n'y a dans cette église qu'un prêtre, qu'un maître, qu'un juge, qu'un propriétaire, c'est elle. Elle est un souverain absolu, le seul accusateur, le seul juge sans appel, elle se fait payer pour tout, elle exige une redevance de tout le monde pour toute chose. Les étudiants la payent pour suivre les cours, puis quand ils sont guérisseurs ils la payent pour avoir le droit de guérir en son nom, jamais ils n'obtiendront leur indépendance. Cette femme a eu toute- sa vie un merveilleux appétit du pouvoir et un besoin de domination insatiable. »
Nous connaissons bien cette passion de l'autorité, ce despotisme jaloux qui devient une monomanie chez certains névro-
pathes, mais d'ordinaire cette impulsion reste chez eux une passion malheureuse qui n'étant jamais satisfaite devient une des sources du délire de persécution. Ce qui est merveilleux chez Mrs. Eddy, c'est qu'elle a réussi à établir réellement la domination qu'elle rêvait. Tous lui obéissaient d'une façon vraiment étrange : les jeunes gens qui suivaient ses cours devenaient étrangers à leur propre famille et abandonnaient leur personnalité, ils sacrifiaient tout pour elle, leur fortune et leurs afiections les plus chères, ils se laissaient traiter très dui'>ement et même loin d'elle ne réussissaient pas à lui échapper. « Mrs. Eddy leur interdisait tout intérêt et toute ambition en gardant tous ces sentiments pour elle. »
Sur quoi donc reposait un tel pouvoir de séduction et de domination? Cette femme n'avait aucune instruction; si on en juge par ses écrits, en retirant quelques idées intéressantes qui ne lui appartiennent pas, elle avait peu d'intelligence générale. Elle n'a jamais eu aucun sentiment généreux et il ne semble pas qu'elle ait jamais eu de l'affection pour personne. Elle a abandonné tout jeune le fils qu'elle avait eu de son premier mariage et n'a jamais voulu s'y intéresser plus tard; elle n'a jamais manifesté que le plus étroit égoïsme. Je ne trouve de puissant et de séduisant en elle que son inébranlable volonté : dans la plus grande misère, au milieu des humiliations les plus pénibles, après des révoltes de ses élèves qui ont trois fois détruit son œuvre, quand elle avait plus de soixante ans, jamais elle n'a été abattue. Elle conservait toujours une fierté inouïe, un orgueil inflexible, une confiance en soi inébraiilable. Ce sont des qualités maîtresses qui, jointes à une intelligence pratique, font les grands hommes d'affaires et les conquérants. « Elle était née, dit Mark Twain, avec un œil d'homme d'affaires et un grand appétit du pouvoir : si elle était entrée comme sous-chef de cuisine dans un hôtel, elle aurait en deux ans acheté tous les hôtels de la ville et en vingt ans tous ceux de l'Amérique'. » C'est là la véritable origine de la fortune de la « Christian science ».
11 n'en est pas moins bien curieux de constater cette volonté et cette ténacité chez une femme qui jusqu'à cinquante ans passés a eu des attaques et des paralysies hystériques ; il semble que sa volonté jusque-là si insudisantc n'ait pu prendre toute sa puis-