‹ Les médications psychologiquesChapitre 31 sur 123 · Camus et Pagniez, op. cit.. p · texte numérisé non relu

Camus et Pagniez, op. cit.. p

3. P. E. Lévy, L'éducation rationnelle de la volonté, son emploi thérapeutique, p. 19; La cure définitiA'c do la neurasthénie par la rééducation, Archives générales de médecine. 6 février 1906; Traitement psychique de l'hystérie. Presse médicale. 29 avril 1908.

/(. Woodbridge Riley, Mental healing in America, American journal nf insanity, Jany. 19 10.

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disciples de Quimby avaient conservé et développé cet enseignement sans se mettre à sa'remorque. Trois ans avant la première édition de « Science and health » le D"" Warren T. Evans (The mental cure, 1869, Mental medicine, 1872) disait déjà que la maladie a son origine dans une fausse croyance et qu'il sufEt de changer cette croyance pour guérir la maladie. Julius A. Dresser développait ces idées dans « The true history of mental science », M. Wood dans « The new thought ». Ces travaux sont devenus l'origine du « New thought movement » et de ses nombreuses variétés. L'idée générale de ces enseignements est toujours qu'un esprit puissant peut aider un autre esprit plus faible à surmonter ses mauvaises manières de penser : « ce n'est pas par le corps qu'ils guérissent le corps, disait déjà Platon, mais ils guérissent le corps par l'éime » . Ces doctrines étaient bien plus raisonnables que la « Christian science », non seulement elles admettaient la réalité du corps, mais encore elles admettaient « que le corps est aussi bien à sa place que l'esprit est à la sienne, qu'il faut le régler, l'utiliser et non nier son existence ». Aussi donnaient-elles une place à une hygiène raisonnable, à une chirurgie nécessaire et toléraient-elles même, au moins pour le présent, quelques remèdes provisoires. Ce n'étaient là, il est vrai, que des accessoires et l'essentiel du traitement restait toujours la simple exhortation morale.

Parmi les auteurs qui se rattachaient à cette école, certains étaient plus aventureux et se rapprochaient singulièrement de Mrs. Eddy. C'est pourquoi j'ai cru devoir étudier l'un d'eux, M. Leander Edmund Whipple, dans le chapitre précédent à propos des imitateurs de la « Christian science ». Plusieurs autres comme MM. P. M. Heubner, R. J. Ebbard, X. Lamotte Sage, \Yilliam Walker Atkinson, V. Tui'nbull, ont exprimé des idées pratiques assez précises. Mais il me semble juste de séparer les méthodes proposées par ces derniers auteurs des traitements par la moralisation générale et de les étudier plus tard à propos des méthodes d'excitation. Tout ce mouvement de la New thought, dérivé de l'ancien enseignement de Quimby présentait donc déjà un véritable intérêt.

Plus récemment cette forme de la psychothérapie a pris en Amérique un développement bien plus considérable à la suite d'un fait assez inattendu, l'alliance qui a été établie entre les

représentants de la religion et ceux de la médecine '. « Mrs. Eddy a réveillé les pasteurs et les médecins de leur inertie et de leur sommeil dogmatique. » Le développement invraisemblable de la « Christian science w atteignait les églises constituées auxquelles il enlevait des fidèles et les médecins officiels à qui il enlevait des clients. La peur de l'ennemi commun fait les alliances les plus inattendues.

En octobre 1906, MM. Elwood Worcester et Samuel Me. Comb, recteurs de l'église Emmanuel, église épiscopale de Boston, ont organisé ce qu'ils appellent « Emmanuel church health class » destinée au traitement des désordres nerveux. Il ne faut pas confondre cet « Emmanuel movement » avec les pratiques de la Société d'Emmanuel fondée à Londres en octobre 1900, qui sont fondées sur des principes tout à fait différents' et qui se rattachent plutôt au groupe des traitements miraculeux. Ce qu'il y a d'original dans la tentative de l'église de Boston, c'est que le traitement des maladies pratiqué par des prêtres dans des temples cesse pour la première fois d'être en antagonisme avec la thérapeutique des médecins décorés de diplômes ofïiciels. Le mouvement Emmanuel se présente comme une association de pasteurs et de médecins. Ce caractère est bien manifeste dans les règlements officiels de l'œuvre rédigés par un comité où se trouvaient quatre médecins et publié dans le Boston transcript (28 janvier 1909) : « Personne ne peut recevoir le traitement, si ce n'est après avoir été examiné par le médecin de sa famille dont le rapport doit êti'e joint à celui du ministre religieux... Tout malade qui n"a pas de médecin doit en choisir un et se mettre sous sa direction avant de recevoir l'instruction dans l'église Emmanuel. Seuls les malades qui présentent des troubles en rapport avec l'intoxication alcoolique ou avec les névroses hystériques, neurasthéniques ou autres reconnues par le médecin peuvent être traités de cette manière''. » Les médecins de Boston avaient en général complètement approuvé cette tentative de l'église Emmanuel ; ils l'aidaient de toutes leurs forces, non

1. On peut lire à ce propos l'article de M. Goddard, American journal of psvchnlogy, 1898, p. /i4<j et celui de M. Max Eastman, The new art of healiiig. The atlanlic monthly. 1908, I, p. 045.

2. La Société d'Emmanuel de Londres, Psychotherapy <le Parker, 1, i, 11, p. 88.

3. Cf. Piiehard C. Cabot. The American type of Psychollierapv. Psychotherapy de Parker, 1, j, i, p. 4-

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seulement ils examinaient les malades qui s'adressaient aux pasteurs, mais ils envoyaient à l'église les malades qui s'adressaient à eux. Ils collaborèrent de toutes les manières et prirent la paparole dans des réunions religieuses : M. J. J. Putnam, professeur de la clinique des maladies du système nerveux à Harvard University, fit des conférences dans un temple pour donner à ceux qui souffraient des conseils à la fois médicaux et moraux.

Un mouvement appuyé de cette manière ne tarda pas à se développer : de l'église Emmanuel de Boston il gagna les églises de Chicago, Rochester, Cambridge, Northampton, Waltham, Newark, Détroit, Buffalo, Brooklin, Jersey city. etc. Bientôt il y eut des cours de moralisation médicale à Philadelphie, puis dans deux églises renommées de New-York; à Portland et même en dehors de l'Amérique à Tokio, au Cap, en Australie. Les traitements ne se faisaient pas seulement dans des églises épiscopales, mais aussi dans des églises Baptistes, Unitariennes, Presbytériennes et étaient approuvés sinon pratiqués dans des églises Catholiques*.

L'ouvrage publié par M. W.-D. Parker, 1808-09, « Psychotherapv, a course of reading in sound psychology, sound medicine and sound religion », formé par un grand nombre d'articles distincts rédigés soit par des ecclésiastiques, soit par des médecins, est en réalité une bonne expression de cette œuvre moralisatrice entreprise en collaboration. Parmi les articles rédigés au point de vue religieux, nous remarquerons un grand nombre d'études historiques sur les traitements spirituels dans l'ancien et dans le nouveau Testament et des études curieuses sur le développement des « Emmanuel classes » dans diverses paroisses. Le Rev. Herbert M. Hopkins nous montre les changements que cette instruction a amenés dans certaines petites paroisses, « comment tout l'esprit de la congrégation fut changé par la diminution de la susceptibilité et par l'augmentation de la gaîté ». Le Rev. Charles A. Place, ainsi que le Rev. Lyman P. Powell nous décrivent leurs consultations tous les soirs dans l'église, leurs efl'orts pour débarrasser les âmes des chagrins et pour calmer les esprits troublés : ils pensent que ce nouveau travail sera très utile pour l'église et lui donnera une vie nouvelle. Parmi les études rédigées au point de vue médical il faut

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