R. G. Cabot, PsYcholherapy de Parker, II, i, p
rarmée et les chefs d'équipe des sports sont appelés à collaborer \ Il me semble que sur tous ces points cette forme de psychothérapie se présente comme un peu différente de la moralisation telle que la proposait M. Dubois. Elle est évidemment plus large et fait une plus grande part à la médecine et surtout à la psychologie.
Cette différence existe surtout dans les principes et dans les théories générales, car si nous considérons la pratique de ce traitement nous retrouvons à peu près exactement les mêmes indications que dans le livre de M. Dubois. Ici aussi le traitement consistera en « conversations avec le malade dans lesquelles on cherchera à se bien mettre à sa portée' ». « 11 faut, disait très bien M. Lewellys Barker, donner beaucoup de temps à chaque malade, gagner sa confiancje ; la négation brutale : vous n'avez rien, allez à votre travail, ne réussit guère ^ ». Dans ces conversations il faut toujours expliquer au malade sa maladie, éloigner de lui la pensée qu'il est victime de quelque pouvoir étrange.
Pour remplacer les idées hypocondriaques et absurdes du malade, il faut lui mettre dans l'esprit de grandes et nobles pensées et travailler à son relèvement moral. Personne n'a mieux indiqué l'importance pratique de ces idées généreuses que M, J. J. Putnam soit dans ses conférences à l'institut Lowell en 1906, soit dans ses articles publiés dans Psychotherapy. « Hitch your wagon to a star, dirige ta voiture vers une étoile, disait Emerson, et ceux qui ont su le faire se sont libérés de bien des maladies du corps et de l'esprit... Il est important de savoir prendre de l'intérêt à beaucoup de choses et de savoir sentir l'enthousiasme... Tout homme doit avoir une philosophie... la philosophie et la métaphysique sont d'ordinaire considérées comme des études peu pratiques et peu profitables, en fait elles constituent une des plus belles avenues qui ouvrent à un esprit raisonnable le monde delà beauté, de l'ordre, de la réalité... » (( Avant tout, disait aussi M. Fr. K. Hallock, il faut bien savoir la valeur de l'optimisme, et ne pas oublier que le pessimisme est un autre nom de la peur. »
1. R. C. Cabot, A\ hosc business is Psyctiothcrapy. op. cit., III, iv, p. 5.
2. Fr. K. Hallock, Les- méthodes d'éducation et de simple conversation en psychothérapie, Psychotherapy de Parker, II, iv, p. 5.
3. Lewellys F. Barker, On the psychic treatment of some of the functional neuroxrs, iç)o6, p. 8.
i06 LA RECHERCHE DE L'ACTION MORALE
Le malade ne peut pas arriver tout seul à ces « templa serena », il faut l'aider à y parvenir : « il faut aider l'homme à se relever quand il tombe découragé... il faut être près de lui dans toutes les grandes crises de sa vie... il ne faut pas s'occuper seulement desidées qui flottent dans sa tête, de ses ennuis, de ses souffrances, mais aussi de ses relations personnelles, de ses amitiés, de ses affaires d'amour, de toutes ses affaires domestiques. » Toutes ces idées qui sont développées de toutes les manières dans les trois gros volumes de « Psychotherapy » sont vraiment fort analogues à celles de M. Dubois et les divers auteurs n'hésitent pas d'ailleurs à se réclamer de lui.
Un point particulier cependant appartient plus en propre à cette école, c'est la part considérable que l'on donne dans ce traitement aux exercices religieux. « Les services hebdomadaires, les réunions, les prières, les hymnes chantés en commun sont des exercices très fructueux... La plus haute forme de l'acte religieux est la prière qui ne sert pas seulement à obtenir les dons de Dieu, mais qui joue un très grand rôle par elle-même... La prière religieuse donne le calme et guérit l'inquiétude*. » W. James soutenait déjà que le meilleur traitement des désordres nerveux était la foi religieuse : « l'homme attend de l'église qu'elle prenne la première place dans cette œuvre d'amélioration qui en même temps que les maladies nerveuses supprimera l'égoïsme et les tragédies domestiques. » Ces diverses additions sur la place importante des études proprement médicales et des études psychologiques, sur le rôle des exercices religieux complètent la conception des traitements par la moralisation des malades et donnent une place importante dans l'histoire de la psychothérapie à ces diverses écoles Américaines.