I. Binel et Féré, Le ma<jnétisine (.mimai, 18S-. p
présentaient constamment pendant leur veille un état très caractéristique de distraction, d'obnubilation et de suggestibilité. Faudra-t-il retourner le langage et dire que chez ces sujets 1 hypnotisme est leur état ordinaire et continuel et que la veille est létat momentané déterminé par des manœuvres artificielles ? Je l'ai fait quelquefois, mais par un abus de langage et en employant des métaphores simplement destinées à faire comprendre ma pensée sur ces états singuliers. On ne peut adopter régulièrement ce langage qui enlèverait à l'hypnotisme son caractère artificiel et momentané. Beaucoup d'auteurs ont cité des faits du même genre*, récemment M. Claparède soumettant quelques sujets à des recherches expérimentales pendant l'hypnose et pendant 1 état de veille arrivait h cette conclusion : « C'est qu'il est fort douteux que l'hvpnotisme soit un accroissement de suggestibilité et que certains sujets sont plus suggestibles dans la veille que pendant le sommeil^. » Ces études nous ramènent aux conclusions que je formulais autrefois : « Les phénomèmes de suggestion sont indépendants de l'état hypnotique, la suggestibilité peut être très complète en dehors du somnambulisme artificiel, elle peut être totalement absente dans un état de somnambulisme complet, en un mot elle ne varie pas dans le même temps et dans le même sens que cet état^. »