‹ Les médications psychologiquesChapitre 88 sur 123 · Beaunis, Somnambulisme, p. aSo · texte numérisé non relu

Beaunis, Somnambulisme, p. aSo

â60 L'UTILISATION DE L'AUTOMATISME

rimaginatioii '. Même conception également dans le livre de Schneider, dans l'article de M. Babinski, i8gi, dans le livre de M. Ch. Lloyd Tuckey et dans son article : « Comment agit la suggestion^ ». « Plus le sommeil est profond, dit-il, plus est grand l'efFet de la suggestion. » Enfin on peut citer dans le même sens la définition plus développée de M. Vires ^ : « L'hypnotisme est un état du système nerveux caractérisé par le sommeil de toute sensibilité générale ou kinesthésique, par la suspension de toute activité intellectuelle, par la réunion de tous les éléments sensilifs ou intellectuels en le commandement d'un opérateur ; il se distingue du sommeil normal par ce fait que le dormeur n'entend ni ne sait ce qui se passe autour de lui. » Les conceptions de Myers reprises par M. Bramwell ne changent que peu cette définition de Ihypnotisme, la suggestion est seulement considérée comme plus puissante sur l'organisme. « La conscience supraminale des faits psychiques volontaires s'étant élevée par l'évolution a laissé tomber au-dessous d'elle le pouvoir de diriger et de contrôler les faits organiques confiés à la conscience subliminale. Pendant l'hypnose la volition reprend son influence sur ces faits végétatifs subconscients '*. »

Peut-on prendre ces définitions dans un sens précis et littéral en disant simplement et d'une manière intelligible : l'hypnotisme est un état où la suggestion existe seule ou d'une manière absolument prépondérante, déterminant tous les autres phénomènes, la veille est un état où la suggestion n'existe pas du tout ? Evidemment non, puisque tous les observateurs etsurtoutM. Richet, puis M. Bernheim lui-même, ont fait tous leurs efforts pour démontrer l'existence de suggestions à l'état de veille. N'avonsnous pas montré qu'il v a des individus constamment suggestibles pendant leur état en apparence normal et cela pendant des années. Cette permanence du caractère est en contradiction avec lidée générale que l'on se faisait de l'hypnotisme, état passager déterminé par des manœuvres artificielles. On est donc forcé de renoncer à prendre les définitions précédentes au pied de la lettre ; il va falloir se borner à les prendre dans un sens atténué

I. H, Barlh, Du sommeil non naturel, 188G, p. laS. a. Lloyd Tuckey, Psycholherapy. de Parker, II, 11, p. 7. 3. Vires, L'Iiypnolisme et les suiigestions hypnotiques, 1900.'

li. J. Milne Bramwell, Evolution de la théorie hypnotique. Brain, 1896, Part

en disant simplement que l'hypnotisme est un étal où la suggestibilité de l'individu est augmentée relativement à ce qu'elle était dans un autre état appelé état de veille.

Cela devient bien vague et d'une constatation bien dilEcile et cependant, même prise dans ce sens restreint cette définition soulève beaucoup de difficultés. D'abord elle renferme une affirmation grave que je considère comme très hasardeuse, c'est que pendant l'état hypnotique tous les phénomènes importants et caractéristiques dépendent de la suggestion. Je sais bien que cette affirmation plairait aujourd'hui à quelques auteurs qui croient que tous les phénomènes psychologiques des névroses dépendent de la suggestion, mais cette opinion demande à mon avis confirmation et je ne suis pas disposé à croire que l'amnésie post-hypnotique, par exemple, ait toujours été suggérée au sujet par des expérimentateurs maladroits. Cette conception qui fait tout dépendre de la suggestion sans l'expliquer elle-même le moins du monde me parait bien insuffisante.

Mais il y a d'autres difficultés : cette définition générale et vague s'appliquerait à une foule de choses qui ne sont pas de l'hypnotisme. Il y a beaucoup d'états où la suggestibilité est augmentée peu ou prou, des intoxications comme l'ivresse alcoolique, des maladies infectieuses comme la fièvre typhoïde, des états de fatigue ou démotion, etc., est-ce que tout cela va être de l'hypnotisme? Ya-t-on oublier le grand caractère de l'hypnotisme, celui qui lui donne son importance pratique, c'est qu'il est artificiel, qu'il dépend de l'expérimentateur dans son commencement et dans sa fin ?

Enfin et c'est là la difficulté principale : la suggestibilité est fort variable dans l'état hypnotique: Des magnétiseurs comme La Fontaine (p. 112), Despine (d'Aix) le remarquaient déjà. Les hypnotiseurs ont tous décrit bien des résistances à la suggestion qui surviennent dans cet état'. J'ai moi-même beaucoup insisté depuis longtemps sur la description d'états hypnotiques dans lesquels la suggestibilité n'existe en aucune façon, où le sujet nous présente une volonté personnelle tout à fait normale identique à celle des individus qui nous entourent et que nous ne considérons pas comme hypnotisés. Cela est d'autant plus remarquable que ces mêmes sujets étaient des malades et qu'ils

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