‹ Les médications psychologiquesChapitre 93 sur 123 · Babinski. Gazelle hebdomadaire, juillet iSgS · texte numérisé non relu

Babinski. Gazelle hebdomadaire, juillet iSgS

l'état crhypnotisme clans lequel l'activité physique et mentale présente une tension beaucoup plus élevée. Sauf clans des cas tout particuliers, à la suite de suggestions spéciales, on ne trouve pas pendant l'hypnose la réduction des fonctions c[ui caractérise le sommeil : la respiration reste celle de la veille et ne baisse pas dans ces proportions énormes qui caractérisent le sommeil. Mais surtout l'activité mentale reste susceptible de tension élevée : dans la plupart des cas le sujet reste capable de se mouvoir et d'agir spontanément, en tous les cas il comprend la parole et il parle. Même quand il s'agit d'un état d'hypnotisme plus inerte on observe ce phénomène essentiel de la suggestion c|ui est, ne l'oublions pas, la provocation d'actions, ce qu'on n'observe pas dans le sommeil normal. Chez l'hypnotisé on peut par la parole déterminer des actions complètes sans que le sujet change d état, chez le dormeur on ne détermine par la parole aucun mouvementet, si on insiste trop, on amène simplement le réveil. C'est d'ailleurs ce que j'ai observé plusieurs fois : j'ai voulu hypnotiser une femme d'ailleurs très habituée au somnambulisme, à un moment où elle était très fatiguée à la suite de plusieurs nuits de veille et de travail. Elle s'est endormie sur son fauteuil tout simplement et cjuand j'ai voulu la forcer à me parler comme elle le faisait d'ordinaire très bien dans son somnambulisme, elle s'est réveillée en sursaut en se frottant les veux et en disant : « J'étais si fatiguée C]ue je me suis endormie de mon sommeil à moi... »

Il y a ici une petite difficulté à propos des rêves que l'on croit dans certains cas pouvoir déterminer chez le dormeur par diverses impressions. Le fait est, à mon avis, moins fréquent et moins complet qu'on ne le croit, mais peu importe, admettons qu'il ait quelcjue réalité. C'est un grave malentendu que de confondre le rêve avec la suggestion et avec l'hallucination. L'hallucination, comme j'ai essayé de le montrer bien des fois, est en réalité un acte et un acte impulsif. Ce qui caractérise l'hallucination visuelle ou auditive, ce n'est pas que le sujet voit ou entend dans sa conscience un objet que je ne vois pas, cela n'a qu'un médiocre intérêt, car sa conscience intime ne nous intéresse pas et surtout n'intéresse pas la science ; ce qui est intéressant pour la science et pour la police, c'est cju'il se comporte comme un homme cjui voit des signaux, qui entend des injures, qu'il frappe, qu'il accuse ou tout simplement qu'il dit avoir été insulté. Supprimez ces actions réelles, ne conservez cju'un fait de conscience

incommunicable dont personne ne parle ni ne parlera jamais, il y a peut-être quelque chose au point de vue métaphysique, mais au point de vue de la science psvchologique il n'y a rien du tout et il n'y a pas lieu de parler d'hallucination. Or le rêve ne comporte aucune de ces actions, de ces attitudes, de ces paroles : tant qu'il est réellement un rêve; au cours du sommeil il n'est accompagné que d'attitudes internes et non d'attitudes externes. En d'autres termes une hallucination est une tendance activée avec un haut degré de tension, un rêve est une tendance qui n'est pas activée du tout, qui est à peine évoquée à un degré de tension excessivement faible. Confondre le rêve avec l'hallucination c'est encore une fois confondre l'association des idées ou l'évocation avec l'action.

11 en résulte que l'état de sommeil normal et l'état d'hypnotisme sont deux états phvsiologiquement et psychologiquement différents. Sans doute ils sont tous les deux distincts de la veille, mais cela ne suffit pas pour les confondre. Sans doute l'un de ces états peut avoir de l'influence sur l'autre, le sommeil peut servir pour amener l'hvpnotisme ou inversement, mais ils n'en restent pas moins deux états distincts que la science ne doit pas confondre.

3, — Le somnambulisme artificiel.

Si l on veut faire un rapprochemant entre l'hvpnotisme et un état sinon normal, du moins spontané, il me semble qu'il est difficile d'éviter l'assimilation déjà faite par les anciens magnétiseurs, celle de l'état hypnotique et des somnambulismes. Cette assimilation déjà faite par Bertrand, par Deleuze, est reprise par Braid, par le général Noizet', par Liébault -, puis par l'école de Charcot, .l'ai souvent moi-même insisté sur ce rapprochement * et je ne puis que résumer des arguments souvent invoques déjà.

Depuis longtemps on a observé que les sujets qui ont ou qui ont eu des crises de somnambulisme naturel, soit la nuit, soit dans la journée à l'occasion de crises de nerfs sont les personnes

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