‹ Les Médicis (volume 2)Chapitre 112 sur 167 · Bayle^ Dict. histor,, art. PomponacSt note B · texte numérisé non relu

Bayle^ Dict. histor,, art. PomponacSt note B

408 LES MÉDIGIS.

« Comme en vérité Tautorité d'un si grand docteur est im« mense auprès de moi, non*seulement dans les choses divines, mais encore dans l'interprétation d'Âristote, je n'oserais rien af Armer contre lui; mais j'avancerai mes dires sous forme de doute, et non d'assertion, et peut-être que la vérité sera découverte alors par ses très doctes sectateurs^. »

€ Si nous considérons dans l'homme le nombre de ses puissances, nous en trouvons seulement deux qui témoignent pour son immortalité, savoir, l'intelligence et la volonté ; mais nous en trouvons d'innombrables, tant sensitives que végétatives, qui, toutes, témoignent pour sa mortalité. Bien plus : si nous considérons les climats habitables, nous trouverons là beaucoup plus d'hommes à assimiler aux hôtes qu'aux hommes; et^ sous les climats habitables, tu en trouveras très peu qui soient raisonnables. Entre ces honunes raisonnables, si nous y regai'dons de près, ceux-ci pourront être appelés particulièrement raisonnables; mais ils ne seront désignés ainsi qu'en comparaison des autres qui sont très brutes, ainsi qu'on fait pour les femmes, dont nulle n'est tiaitée de sage que par comparaison avec les autres qui sont très folles. De plus, si tu regardes à l'intellection elle-même, surtout à celle qui s'exerce sur les Dieux, — que dis-je? sur les Dieux ! — si seulement tu regardes à l'intellection qui s'exerce sur les choses naturelles et soumises aux sens, tu la trouveras si obscure, si débile, que tu devras plutôt l'appeler ignorance... que connaissance. Ajoute combien peu de temps les hommes consacrent à l'exercice de l'intelligence, et combien ils en donnent à l'exercice des autres puissances!... Si bien qu'en vérité cette essence devient corporelle et corruptible et est à peine une onibre d'intellect ^. »

Il revient toujours à la nécessité des représentations ou images {phantasmata)^ qui, altérées ou détruites par

i. De Immort, arUmœy cap. viu, p. 35.

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