‹ Les Médicis (volume 2)Chapitre 113 sur 167 · De Immort, animœ, cap. viii, p. 37 et · texte numérisé non relu

De Immort, animœ, cap. viii, p. 37 et

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la lésion des organes, amènent Taltération ou Tanéantîssement de la pensée *.

Saint Thomas conclut à cette même nécessité, en s'appuyant sur le même argument de la perturbation ou de la destruction de l'intelligence par une lésion organique.

Il réserve seulement, au nom de la foi , la vie éternelle, où l'intelligence humaine échappe totalement aux conditions de l'existence terrestre *.

Dès qu'on sort des conditions de l'intelligence en soi, on est ramené forcément à celles de la vie pour chacun des individus de chaque espèce. Les premières donnent l'unité, les secondes la multiplicité. Combinant ces deux points de vue, de Tldéal et du Réel, Pomponace conçoit indivises et individualisées les virtualités pensante et

1. « ... Necesse est intelligentem phantasma aliquod speculari : et experimur quoniam semper indigemus phantasmatibus, ut unusquisque experiturin seipso, et laesio organorum demonstrat. » De Immort, animœ, cap. VIII, p. 39.

2. (Voy. Summa, prim. part., quœst. Lxxxn, art. vu; édit, de Bar-le- Duc, t. n, p. 107.)

«... Intellectus conjunctus corpori passibili non potest intelligere nisi convertendo se ad phantasmasta. . .

»... Impossibile est intellectum nostrum, secundum prœsentis vitae statum quo passibili corpori conjungitur, aliquid intelligere in actu, nisi convertendo se ad phantasmata. .. Primo quidem, cum intellectus sit vis qusedam non utens corporali organo, nullo modo impediretur in suo actu per lœsionem alicujus corporalis organi, si non requireretur ad ejus actum aclus alicujus potentioB utentis organo corporali... Videmus enim quod, impedito actu vlrtutis imaginativse per Isesionem organi, ut in phreneticis, et similiter impedito actu memorativse virtutis, ut in lethargicis, impeditur homo ab intelligendo in actuetiam ea quorum scientiam prœaccepit. »

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sentante de tout homme; il conçoit fféneralisées^ partant éternelles, les conditions de vie en vertu desquelles le monde et l'humanité se développent. En ce sens rhorame est immortel, puisque toujours le soleil et Thomme engendrent Thomme. Autrement, ou bien Tinfini serait donné par lui en acte, — ce qu'Aristote nie partout ouvertement, — ou bien il faudrait recourir aux vaines hypothèses de la Métempsycose ou de la Résurrection K Repoussant philosophiquement la solution catholique de la Résurrection et la solution pythagoricienne de la Métempsycose, comment, placé au point de vue d'Aristote, Pomponace accorderait-il la vie à l'âme séparée du corps ? — L'âme est la forme du corps, Tintellect humain a besoin du corps comme de son objet. Notre auteur retourne sous toutes ses faces l'argument déjà développé :

1. C'est ainsi qu'après s*ôtre couvert de Tautorité de saint Thomas, grâce à sa distinction entre les vérités théologique et métaphysique, notre philosophe en vient à nier philosophiquement la résurrection delà chair. Mais, ici encore, il peut s'abriter sous l'égide de l'orthodoxie. Le Docteur Angélique n'a-t-il pas soutenu, contre saint Jean Damascène et saint Grégoire, que la résurrection n'est pas un phénomène naturel, qu'au sens théologique, du moins, elle est l'effet d'un pur miracle ?

« NuUum . . . principium activum resurrectionis est in natura, neque respectu conjunctionis animœ ad corpus, nec respectu dispositionis, quse est nécessitas ad talem conjunctionem ; quia talis dispositio non potest a natura induci, ni si determinato modo per viam generationis ex semiue. Unde etsi ponatur esse aliqua potentia passiva ex parte corporis, seu etiam inclinatio qusecumque ad animae conjunctionem, non est talis quod sufficiat ad rationem motus naturalis. Unde resurrcctio, simpliciter loquendo, est miraculosa, non naturalis, nisi secundum quid, ut exdiclis patet. »

(S. THOHiE ÀQUiNATis, edit. cit.,' t. VII, tertisB partis Summ. theologiCi supplément, qusest. Lxxv, art. m, p. 681.)

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Toute pensée de rhomme dépend de Tîmage ou représentation (a phantasmate).

Il admet d'ailleurs, comme Marsile, une chaîne continue d'esprits descendant du Premier Moteur au dernier animal. Il y a seulement entre eux cette différence essentielle, que la série des âmes indépendantes de leur corps, partant immortelles, étendue par le néo-platonisme jusqu'à l'homme inclusivement, s'arrête, selon l'autre théorie, après la dernière des intelligences sphériques. Qu'est-ce qui, en ce système aristotélicien, distingue donc l'homme de l'animal? Pomponace le sait au juste.

Il pose d'abord ce principe : — « Quodlibet cognoscens est actics corporis physici organid. Tout connaissant est l'acte d'un corps physique organisé; mais, — ajoute-t-il, — il l'est, tantôt d'une manière, tantôt d'une autre, aliter et aliter Kn

a Dans les intelligents (supérieurs), il n'est pas d'acte corporel par quoi ils soient intelligences, parce que, pour comprendre ou désirer, ils n'ont aucunement besoin de corps ; mais, en ce qu'ils font agir et meuvent les corps célestes, ils sont des âmes, ils sont les actes d'un corps physique organisé. Car une étoile est l'organe d'un ciel : tout orbe céleste est par son étoile. C'est pourquoi ces intelligents font agir un corps physique organique, et, bien qu'ainsi ils aient besoin d'un corps en tant qu'objet, en faisant agir et en mouvant, ainsi ils ne reçoivent rien du corps, ils lui donnent seulement. Mais Tâme sensitive est simplement l'acte du corps physique organique^ et parce

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