De Immort. animcBy cap.xiv, p
4!S LES MÊDIGIS.
noblesse de la vertu, et éloignés du vice par la seule laideur du vice... Ces hommes sont très rares.
> D'autres sont moins bien disposés : à côté de la noblesse de la vertu et de la laideur du vice, ils ont pour mobiles à faire le bien, à fuir le mal, les récompenses, les louanges, les honneurs, les peines, les affronts, l'infamie. Us forment une seconde catégorie.
> D'autres, dans l'espérance de quelque bien et la crainte d'une peine corporelle, se conduisent convenablement. Aussi, pour qu'ils s'attachent à une telle vertu, les politiques leur offrent en perspective de l'or, des dignités ou tel autre avantage analogue. Et, afin qu'ils évitent les vices, ces mômes législateurs ont établi à leur égard des châtiments qui les atteignent dans leurs biens, leur honneur, ou dans leur corpspar le trépas ou la mutilation des membres. Certains, à raison de la perversité de leur nature, ne sont émus par aucun de ces moyens... Aussi, les politiques ont-ils posé, dans une autre vie, des récompenses éternelles pour les bons, d'éternels supplices pour les méchants ^
u La majorité des hommes, quand elle fait le bien, agit bien plus par la crainte de l'enfer que par l'espoir du paradis. On se figure plus aisément le premier que le dernier...
» Enfin le législateur» voyant la pente rapide qui entraine au mal, consacra, pour l'avantage commun, l'opinion que l'âme est immortelle. En cela il ne songeait pas à la vérité, mais à la probité, pour amener les hommes à la vertu. N'accusons pas le politique. Comme le médecin ment souvent pour guérir son malade, ainsi le politique invente des fables pour corriger ses concitoyens 2. »