‹ Les Médicis (volume 2)Chapitre 124 sur 167 · De Immort, ammm, cap. xiv, p · texte numérisé non relu

De Immort, ammm, cap. xiv, p

2. « ... Respiciens legislator pronitatem viarum ad malum, intendens communi bono, sanxit animam esse immortalem, non curans de veritate, sed tantum de probitate, ut inducat homines ad virtutem; neque accusandus est politicus, sicut namque medicus multa ûngit, ut aegro sanitatem restituât, sic politicus Apologos format, ut cives rectificet. » {De Immort. animoRf cap. xiv, p. i24.)

POMPONACE. 423

Cinquième objection. — « Platon parle, dans le Phé^ cbn, des ombres ou fantômes apparaissant autour des tombeaux. Ce sont, dit-il, des âmes d'hommes méchants* — D'après lui (IX, des Lois), les âmes de leurs victimes poursuivent en ennemies les meurtriers... Un certain Pamphile, ressuscité d'entre les morts, fit un récit terrible sur les tortures endurées par les méchants... D'où résulte l'existence des âmes des trépassés K »

Pomponace répond : — « On tient pour historiques bien des faits purement fabuleux. C'est ce que d'abord on peut dire au sujet des apparitions. On remarque ensuite que, dans les lieux oîi il y a des tombeaux, l'air est très impur, à raison soit des émanations des cadavres, soit des évaporations dégagées par les pierres sépulcrales {ex frigiditate lapidum), ou pour bien d'autres causes qui vicient l'atmosphère. Dans ces conditions, l'air renvoie aisément l'image des personnes ou des choses présentes, de même qu'un miroir réfléchit les figures. Ainsi reproduites dans l'air impur, elles paraissent au spectateur des réalités, comme aux enfants les objets réfléchis dans un miroir ou dans l'eau semblent exister réellement... Ajoutez à ces causes d'illusion

1. Plato, . . in PHiEDONE refert, quod circa monumenta visa sunt phantasmata umbrosa animarum, et hœc sunt anima; malorum hominutn: dicit(/Jr, de Legibus) occisorum animas sœpe interfectores hostililer insequi... Refert quoque (JT, de Republic.) quemdam Pamphilum a mortuis resurrexisse qui de pœnis et malorum cruciatibus horrenda referebat, etc. . . Per soninia, . . . quasi consilia sunt. — Quare animas defunctorum esse aperte haec videntur declarare. »[De Immort. animcRfC. xiii, p. 101-102.)

l'imagination frappée par la croyance commune, troublée par la crainte et les autres passions... Ajoutez de la part des mauvais prêtres des ruses semblables à celles auxquelles Daniel le prophète attribue les prodiges de l'oracle de Bel. »

c Bien des prêtres, bien des gardiens de temples, changent les quatre vertus cardinales en ambition, en avarice, en gourmandise, en luxure. Ils font tout pour satisfaii^e ces vices, usant, à ces fins, de fraudes et de fictions, comme cela s'est vu plus d'une fois de nos jours ^ »

Part faite à fillusion et à l'imposture, certains faits restent avérés, extraordinaires en apparence, prodigieux, mais qui ne sont que l'effet normal d'une action supérieure, une dépendance de phénomènes plus élevés.

« Talia a corporibus cœlestibus figurari possunt, cum animata sint nobilissima anima, quseque omnia inferiora génèrent et gubernent*. »

(( Si ces signes annoncent le printemps, l'été, les divers changements de l'atmosphère, combien plus doivent-ils précéder certains faits de la vie humaine ? Les intelligences supérieures ne doivent-elles pas s'occuper de l'homme plus que delà nature inintelligente?... Ne lit-on pas dans la vie des hommes célèbres que leur naissance ou leur mort fut précédée de signes nombreux ^ ? i

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