‹ Les Médicis (volume 2)Chapitre 24 sur 167 · Rabelais, Pantagniel, liv. V, chap» xxxix · texte numérisé non relu

Rabelais, Pantagniel, liv. V, chap» xxxix

%. tt De rautre côté, la belle Ariane, — avec les sourdes eaux de Thésée se plaint — et du zéphyr et du sommeil qui la trompe ; — de peur tremblant, comme a coutume — par un petit souffle de vent le roseau paludéen : — il semble que réellement ces paroles soient imprimées en elle : — Toute

Gon vene grosse nere e di mosto umide Marcido sembra sonnacchioso e gravido :

I.e luci ha di vin rosse enfiate e fumide : L'ardite Ninfe Tasinel suc pavido Pungon col tirso : ed ei con le man tumide Â' crin s'appiglia; e mentre si l'attizzano, Casca nel coUo, e i Satiri lo rizzano.

Lorsqu'il mena par les rues de sa cité le Triomphe de Bacchus et d'Ariane, Laurent semblait reproduire dans ces pompes mythologiques les splendeurs de cette poésie de Politien.

C'était comme un renouveau de l'antiquité restaurée par eux et célébrant sa jeunesse éternelle par la voix de la jeunesse florentine^ :

Quelle est belle, la Jouvence!

Elle s'enfuit cependant I

bâte est moins que toi cruelle ; ~ tout homme plus que toi me serait fidèle.

» Vient sur un char, de lierre et de pampre — couvert, Bacchus que deux tigres mènent, — et avec lui il paraît que foulent l'épaisse arène — les Satyres et les Bacchantes, qui crient à haute voix. — Tel se voit onduler ; tels, il paraît qu'ils bronchent ; — tel avec une cymbale boit; tels, il semble qu'ils rient; — tel fait d'un cor, et tel des mains gobelet ; — tel a pris une nymphe, et tel se roule à terre.

» Sur Tâne Silène, de boire toujours avide, — avec veines grosses, noires et de moût humides, — semble décomposé, assoupi et alourdi; — les yeux il a de vin rouges, enflés et fumeux : — les nymphes hardies le petit âne épouvanté — piquent avec le thyrse ; et lui, avec les mains bouffies — aux crins se prend; et, pendant qu'ainsi elles l'a^^ûen^, — il tombe sur le cou, et les satyres le redressent.'»

PoLiziANO, Per la Giostra di Giuliano de' Mediciy frateUo di Lorenzo il MagnificOf seguïta Tanno 1465; libre primo, ad fmem.

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