De Immort, anim., lib. IX, cap. iv, p
s'exhale comme l'Air. La Terre, à sa surface, devient grasse et se lubrifie comme TEau. L'Eau, de son côté, s'épaissit et se glace comme la Terre.
€ Ensuite, les vapeurs impures et les fumées, qui sont déjà des corps composés, sont pourtant très-près des éléments. Bientôt ces corps prennent plus de cohésion {salidiuê glutinantur), deviennent des pierres spongieuses et peu denses, dont la constitution se rapproche encore de celle des vapeurs, enfin se transfoiment en pierres dures et polies comme les métaux. Entre les métaux, le fer et le plomb sont les plus rapprochés des pierres; l'argent et l'or sont les plus voisins des plantes, car leur teinte et leur splendeur rappellent les fleurs coloriées de blanc et de pourpre. Parmi les plantes, l'oignon est plus éminent que les métaux, parce qu'il se nourrit et s'augmente plus manifestement ; cette diflérence est faible encore, l'organisation de cette plante comprenant des parties diverses. Les arbres les plus nobles s'approchent des brutes, ils ont des racines au lieu de bouches, des rameaux au lieu des bras, des jambes et des autres membres des animaux. De plus, quelques espèces d'arbres sont soumises à la division des sexes : le mâle et la femelle, étant voisins, fructifient plus abondamment. Parmi les hôtes, les huîtres sont supérieures aux plantes en cela seulement qu'elles ont le sens du tact ; mais, fixées à la terre, elles se nourrissent presque comme les arbres. Beaucoup de petites bêtes aussi naissent spontanément, sans copulation, comme les herbes. Il y a des animaux qui, comme les singes, les chiens, les chevaux et les éléphants, et autres bêtes, ressemblent aux hommes dans quelques-unes de leurs formes, de leurs gestes et de leurs habitudes. Viennent ensuite les hommes faibles et peu développés (comme on le voit); immédiatement au-dessus d'eux sont les hommes héroïques qui commandent aux autres, étant les plus proches des divinités. 11 doit donc y avoir des esprits unis par une communauté avec les hommes, qui, par eux, initiés à l'art magique, ont pu, selon Platon, opérer des miracles.
MARSILE FICIN. âl9
» De même, pa^ renseignement des hommes, certains animaux, les plus voisins de nous, produisent des choses merveilleuses et au-dessus des facultés de leur espèce. Les Démons et les Héros sont tellement rapprochés de nous par leur constitution, pai* leur situation et par leur nature, qu'ils sont affectés par quelques-unes des perturbations humaines, et que les uns favorisent certaines personnes et certains lieux ; les autres, au contraire, ont sur d'autres personnes et d*autres lieux une influence malfaisante. Ainsi, les Égyptiens, suivis en ceci par Origène, Numénius et Porphyre, assurent qu'il existe de nombreux démons qui élèvent les âmes vers les choses supérieures, beaucoup qui les entraînent vers les inférieures. Les plus méchants résident à l'occident, les mauvais dans les régions du nord, les bons dans les méridionales, et les meilleurs dans celles de l'orient. Chez ces derniers, les démons inférieurs sont présidés par les supérieurs; au-dessus de ceux-ci, il en est d'autres qu'on appelle Anges. De même, les platoniciens mettent au-dessus des Anges les Archanges, au-dessus des Archanges les Principautés, au-dessus des Principautés enfin ces intelligences nommées déjà des Dieux pour leur participation à l'essence divine (dii participatione quadam)^ toujours pleines du souverain Dieu, et enivrées du divin nectar *. »
Au travers de ces déductions fantastiques, où aboutissent les méthodes subtiles et le peu d'observations d'une science encore enfantine, admirons le concept de Tunité hiérarchique, de la série d'effets constituant pour nous les lois universelles. Marsile poursuit jusqu'au bout cette systématisation. Il montre Tâme m formant les organes de la vie humaine, depuis les esprits sensitifs qui lui communiquent les sensations jusqu'aux os a dont