Morg, Magg.y c. vui, st
LUIGI PULCl. — LE « MORGANTE MAGGIORE ». 459
l'adoration de la Femme, le cultede l'honneur ; de l'autre, la chair, l'orgueil, la vengeance, exterminés par l'ascétisme. Qui eût prédit que ces tendances contradictoires, tout en continuant pour l'apparence à se proscrire entre elles, se concilieraient dans la même civilisation? C'est pourtant ce qui advint, c'est le génie du Moyen- Age, c'est l'esprit qui enfanta la Chevalerie, les croisades, le point d'honneur, l'épopée romanesque, dont l'idéal inspire encore, dans sa réaction critique, le poème héroï-comique de Pulci.
Comme dans le Roland d'Arioste, les incidents se succèdent et s'entre-croisent, à harasser, à dérouter la plus patiente analyse. Le traître Ganelon ourdit sans trêve ses trames contre Renaud. Il lui détache Herminion, des milliers de lances, tout un monde de paladins et d'émirs. Charlemagne est attaqué dans son Paris. Le terrible Mattafolle terrasse successivement, et enferme prisonniers dans le moutier de Saint-Denis, trois des preux de Tempereur, Ogier le Danois, Namo et Berlinghier*.
Cependant Renaud et Olivier ont quitté Carador. On devine que Méridiane est . délaissée avec de belles promesses par son galant qui poursuit ses aventures.
Les voici, — lui et son compagnon, — en Danemark oîi commande Fieramonte, frère et lieutenant d'Herminibn. Renaud le tue après lui avoir refusé son cheval Bayard.