Tr.des Lois, liv. lU, ch. xxx
i. MosoNius, cité par Stobée, cit. par J. Denis , Hist. des théories el des idées morales dans VAntiquité, t. II, p. 134.
3. i Personne ne t'interdit et ne t'empêche d'acheter, si tu as de l'upgent, ce qui est ouvertement vénal. Personne n'interdit à quelqu'un d'aller par la voie publique, pourvu que tu ne fasses pas de sentier dans un fonds clôturé ; pourvu que tu t'abstiennes de l'épouse, de la veuve, de la vierge, et des enfants libres, aime qui te plaît. (CurctU.y I, vers. 33 et seq.) »
48 LES MÉDIGIS.
Étendu au delà du cercle des opinions moyennes dont le théâtre est l'écho, ce parallèle ne serait pas absolument juste. Comparons en ce point les théories respectivement professées par les docteurs de la religion chrétienne et par quelques-uns des philosophes les plus rigoureux en morale. Certains disciples de Pythagore et de Zenon n'ont rien à envier sur ces sujets délicats aux sévérités de l'enseignement chrétien. Sénèque abonde à cet égard en textes significatifs, que M. Ernest Havct a pris soin de résumer dans son lumineux ouvrage : Le Christianisme et ses origines * . Ce jeune Eutrope, dont parle Valère Maxime, se déchirant le visage pour ne pas tenter les femmes par sa beauté, figurerait avec honneur dans la collection des BoUandistes. Non-seulement l'amour hors du mariage, mais les secondes noces, sont réprouvés par les sages les plus austères.
Au fond, ce qui sépare les deux doctrines sous ce rapport comme dans les autres parties de l'éthique, c'est moins une différence dans le compte des vices que, si je puis ainsi parler, dans le tact et la mesure avec lesquels ils sont appréciés et contenus.
Mûri par l'étude et par l'expérience éclairée de la vie, dans ses .conditions diverses, le moraliste-philosophe ne saurait se placer au point de vue du sectaire honnête, mais inculte , borné dans ses horizons.