Morg, Magg., c. xiv, st
472 LES MËDIGIS.
AUora il popol cominciè a grîdare :
Viva Rinaldo, e viva il tuo Gesue ;
E cosl cominciaTa a battezzare Rînaldo alcun Baron colle man sue ; . Ognuno a' piè suoi gînocchion si getta, E 1 primo Yoleva esser per la fretta^.
C'est à qui recevra le premier Tablution salutaire !
Dans cette constante répétition de la même scène, — un homme, un peuple passant ainsi sans transition, et comme par un coup de foudre, d'une foi à une autre, — il faut voir moins une pensée ironique de Pulci sur la tradition catholico-chevaleresque, que sa fidélité à la donnée du poème de geste qu'il égayé de sa mi-sérieuse critique et de sa parodie mitigée. Ces conversions sont acceptées par l'esprit de son temps, comme elles le furent par celui du Moyen-Age. A proprement parler, l'adhésion intellectuelle à un Credo quelconque est encore à présent possible à un trop petit nombre d'individus pour que les religions embrassant tout un peuple aient pu s'établir sur cette base. Le besoin de penser et de rattacher ses pensées à un principe est, dans la masse de notre espèce, faîte plutôt pour sentir et pour agir que pour penser, une exception. L'autorité catholique répondit merveilleusement à ces dispositions de notre nature, plus encline à suivre un mot d'ordre par confiance en la capacité de ceux qui le donnent que par