Mùrg. Magg., c. xix, st
LUIGI PULCI. - LE « MORGANTE MAGGÏORE ». i89
L'excellente plaisanterie, que de décapiter cet infidèle pendant qu'il invoque son Mahom ! Morgante jette son battant : le chef du païen est lancé en l'air à plus de cent brasses.
Le jovial compagnon ne jetait jamais moins haut son battant, qu'il rattrapait comme un tambour-major sa
canne *...
Mais ses jours sont comptés. Ce héros éponyme du poème (pour parler comme les Grecs) succombe bien avant le dénouement de ces aventures qu'il poursuit avec Olivier, Richardet, Astolphe et Renaud. Au moment oîi il débarque dans les États du roi Murocco, il est pincé au talon par un crabe : sa légère blessure s'envenime et il en meurt *. Les preux, ses compagnons, continuent à triompher des Infidèles servis par les puissances de TEnfer. Grâce aux incantations de Maugis, le château de Créonte est forcé, et cette magicienne consumée dans l'asile que ses prestiges rendaient infranchissable ^.
Astolphe, qui s'est séparé de ses compagnons, prend gîte dans un monastère. Des bandits s'y introduisent pendant son sommeil et lui volent son cheval. Les religieux ne veulent pas qu'il ait recours à la force pour se venger de ce méfait : ils en renvoient la répression à la justice céleste. Le paladin, n'agréant pas cette morale, se met à la poursuite des malandrins : il les atteint, en
i. Morg. Magg.y c. xix, st. 158.