Morg. Magg.yC. xxvii, st
LUIGI PULCI. — LE « MORGANTE MAOfclORE ». 519
montre un bout d'oreille. Parlant des derniers exploits de Renaud, du cheval Bayard et de Richardet, contre les Sarrasins, — « Ils en tuèrent, dit-il, ce jour bien » trente mille ; — je ne sais si c'est vrai ou faux : je » Tai dit pourtant ^ » Du reste, — Turpin l'assure,
— ils étaient bien vingt mille six cents contre six cent mille ! Et il fait montre des auteurs, ses garants :
« Si quelqu'un dit que Turpin mourut — à Roncevaux, il ment par la gorge. — Je prouverai le contraire et comme il vécut — jusqu'à ce que Charles prît Saragosse, — et cette histoire de sa main écrivit ; — et Alcuin avec lui puis s'accorde ;
— €i il écrivit jusqu'à la mort de Charles, — et bien fut attentif à l'honorer.
a Après celui-là vint le fameux Arnauld, — qui très diligemment a écrit... — Pour rien au monde il ne dirait une bourde* I»
Le moment suprême approche : Pulci s'est dignement inspiré pour le décrire du récit légendaire des Gestes en langue d'oïl. Rapprochons ces beaux développements des textes primitifs : le poème de Théroulde , la chronique du pseudo-Turpin,
« Lors, dit celui-ci, demeura tout seul Roland, parmi » le champ de bataille, las et travaillé des grands coups )) qu'il avait donnés et reçus, et dolent de la mort de » tant de nobles barons qu'il voyait devant lui occis et )) détranchés. Menant grande douleur, il s'en vint » parmi le bois jusqu'au pied de la montagne de