Pantagruel^ liv. I, ch. xxvii
518 LES MÉDIGIS.
éveille en lui. Son talent souple, ému quand il le faut, trouve pour le célébrer les accents les plus sincères. La mort d'Olivier est touchante. Percé au flanc d'un coup perfide par Ârcaliffa, pendant que lui-même tue Barbacuffa dans un combat loyal (la morale de ces preux n'admet que la lutte face à face), Olivier veut poursuivre ses exploits; mais le sang qu'il perd trouble à tel point son regard et sa connaissance qu'il ne distingue plus ses frères d'armes des ennemis. II décharge une terrible taillade sur le heaume de Roland, qu'il prend pour un de ceux-ci. Roland l'arrête, se fait connaître à lui : il se désole de la blessure mortelle de son ami et de la bataille qu'il voit perdue. Il guide vers sa tente Olivier, h travers la mêlée où tous les deux s'illustrent par de suprêmes hauts fnits. Olivier meurt dans les bras de son compagnon *.
« Roland, quand le marquis est expiré, — juge qu'il est si abandonné — qu'il se décide à sonner de son cor, — pour que Charles connaisse sa détresse ; — et sonna si fort qu'il l'entendit, — et le sang lui sortit par la bouche et le nez. — Turpin dit que le cor se fendit — la troisième fois qu'il le porta à ses lèvres 2. »
Pour venger son maître, le cheval d'Olivier se jette surl'ost ennemi, ruant, mordant a comme trois loups et six chiens '. » — Il faut bien pourtant que le sceptique