J. ViLLANi, Ihid
un électeurs gui, à la majorité de vingt-cinq voix, élisent le doge.
En tout, dix opérations : cinq tirages au sort, cinq élections.
Mais, pendant que Venise fixe sa constitution, Flo- |
rence poursuit son changement, c La malade renouvelle ses membres. » i
Trois conseils supprimés (1328) : la Crédence, les ;
Cent, les Quatre-vingt-dix, sont remplacés par deux conseils nommés pour quatre mois, Tun, du peuple, de i
trois cents plébéiens, l'autre, de la Commune, comptant, pour un petit nombre de nobles, deux cent vingt-cinq ■
roturiers.
Dans cette revue d'institutions changeantes qui aboutissent à la domination d'un banquier, on se borne à signaler les modifications ayant une portée définitive, constitutionnelle.
On omet toutes celles qui, plus ou moins prolongées, n'ont que le caractère de dictature, de balisy comme on dit alors : — les pouvoirs confiés en 1336 au capitaine du peuple Gabriel d'Agobbio, la balie des Vingt, la Seigneurie de Gauthier de Brienne, duc d'Athènes, en 1342.
Cette dernière tyrannie^ dirigée d'abord contre le patriciat bourgeois, s'établit par l'accord de la plèbe et de la noblesse. Mais la cruelle rapacité du duc d'x\thènes rallie bientôt contre lui tous les partis. Il est renversé en 1 343 par l'insurrection des grands, des artisans, du bas
peuple et des nobles. D'abord le mouvement profité à ceux-ci. Par l'abolition des Ordres de la Justice, ils sont admis au Priorat.
Au lieu de six, la ville a désormais quatre quartiers : SanrSpirito^ Santa-Croce, Santa-Maria-Novella , et San-Giovanni. On établit cent quinze prieurs, dont vingt-cinq prieurs par quartier (dix-sept plébéiens et huit nobles), qui, retenant la délibération des affaires, en délèguent l'exécution à douze d'entre eux, nommés Prieurs d'office (trois par quartier : deux roturiers et un noble). Huit conseillers (un noble et un plébéien par quartier) les assistent.
Un mois après, révolution nouvelle. Les nobles sont exclus du pouvoir : les Huit sont remplacés par les Douze (tous du peuple), les Cent quinze par les Trois ce»/5 (soixante-quinze plébéiens par quartier).
Sous cette constitution, le pouvoir revenait à la bourgeoisie riche. Un mois après, à la suite d'une tentative d'insurrection des nobles, les Arts mineurs, unis à la basse plèbe, établissent leur suprématie. Les scrutins sont réformés au profit des petits bourgeois dont les noms sont admis dans les bourses. Huit prieurs, — deux par quartier, — gouvernent.
Définitivement abaissée, la noblesse disparaît de la scène* où se combattent les trois classes de la roture :
1. « Corne awiene nel progresse deUe cose naturali, che la corruzione d'una cosa è generazione d'un' altra, in quella niiova riforma di governo alzarono la testa alcune famiglie potentitra' cittadini popolani, che sareb-
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Arts majeurs (les Grands), — Arts mineurs, — Plèbe ou Ciompi.
Les ordonnances de la justice ayant été rétablies, une disposition de cette loi — le Divieto — favorisait les petites gens. Leurs familles comptant peu de branches, elles se voyaient bien plus rarement que les Grands exclues de la première magistrature par la présence au nombre des prieurs d'une personne de leur nom.
Mais à peine les petits artisans jouissent-ils de leur victoire, que leurs alliés de la veille, les ouvriers, ne faisant pas partie des Arts dont ils dépendent, s'insurgent contre ce nouveau privilège (1378). UnMédicis, Sylvestre, apparaît à la tête des cardeurs de laine, qui finissent par proclamer Gonfalonîer de Justice Tun d'entre eux, Michel Lando. Cette basse plèbe des Ciompi ioTme trois Arts ajoutés aux trois Arts mineurs; sa domination dura deux ans, illustrée par la sagesse du dictateur Lando*. Mais les nouveaux Arts : — Cardeurs, Teinturiers, Barbiers, — furent abolis en 1381.
bero State degne d'esscrc raffrenate con gU ordinamenti délia giustizia, non meno che erano stati al tempo di Giano deUa Bella gli antichi nobili e grandi per la loro superbia e altcrigia. E cosi andô seguitando la nostra città inferma di varj umori insino ail* anno 1375. Dal quai tempo in qua è da sapere, che quando facciamo menzione de* grandi o délia nobiltà 0 di famiglia, non intendiamo ragionare di quegli antichi grandi e nobili che in questa mutazione di stato erano rimasi oppressi e abbattuti, madi quelli popolani -spezialmente ch* ad essi nella medesima grandezza e superbia erano succeduti. » (Jacopo Nardi, Istorie délia città di FireMe^ pubblicate per cura di Agenore Gelli; Firenze, Felice Lemonnier, ia-18, * 1858, vol. l, lib. I, c. I, p. 3.) 1. J. Nardi, t. I, lib. I, cap. m, p. 6-9.
Vaincue par l'accord des riches et de la classe moyenne, la plèbe salariée est définitivement exclue du pouvoir qui se partage entre sept Arts majeurs et quatorze Arts mineurs : — un tiers des charges de prieurs à ceux-ci, le Gonfalon de Justice aux premiers.
De ces luttes, par la balance ménagée des partis, par la puissance du crédit et des richesses, émergèrent en un demi-siècle à la prépondérance deux familles bourgeoises rivales, les Albizzi et les Médicis. Le chef de ces derniers, Cosme le Grand, fut l'homme de la plèbe. Banni en 1428 par une balie de quatre cents citoyens, il rentra un an après en triomphe. La vieille Commune se mourait.
Alors s'établit ce gouvernement singulier des Médicis, dictatorial, presque monarchique et héréditaire, sous des formes républicaines. Légalement, les chefs successifs de cette famille n'exercent l'autorité qu'au titre des diverses magistratures qu'ils obtiennent. En fait, leur influence est souveraine, mais dissimulée comme la politique qui la leur a value.
« Cosme, dit Machiavel, pouvait s'emparer par force du gouvernement à l'aide des nombreux paiiisans qui lui restaient et en renversant tous ses rivaux, ou laisser les choses suivre leur coui's et faire avec le temps sentir à ses amis que ce n'était point à lui, mais à eux-mêmes, qu'ils avaient enlevé l'autorité et la considération. Il choisit le dernier de ces deux remèdes parce qu'il savait bien qu'un tel gouvernement n'avait rien de redoutable pour lui, puisque les bourses étaient pleines des
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noms de ses amis, et qu*il pourrait, quand il voudrait, ressaisir son pouvoir*. »
Le système si compliqué de remboursement portait ses fruits, a Car, dit rhonnête Nardi^, les scrutins » n'étant pas composés au jour le jour {alla giornata), » comme cela eût été convenable, mais plusieurs années » d'avance,... il advint que ceux qui une fois avaient
> obtenu et vaincu le sort {coloro che avevano ottenuto » e vinto ilpariito) , etétaient emboursés dans les bourses
> pour ce établies, étant sûrs d'arriver de toute façon
> quelque jour aux offices et aux honneurs, se mon-
> trèrent négligents et désordonnés dans leur conduite. » D'une part, on renouvelle de plus en plus rarement les bourses ; de l'autre, toutes les délibérations sont enfin attribuées à une balie composée des amis de Gosme. Alors on substitue l'élection au sort. Les électeurs du scrutin et la Seigneurie, joints à un certain nombre A' accopiatori y choisissent les magistrats. Et ce droit d'élire va se concentrant de telle sorte qu'il finit par appartenir à cinq citoyens dévoués à la famille dominante. Le tour se joue au nom des franchises électorales : il aboutit à un bourg-pourri en faveur des Médicis.
Étayé àla plèbe, Gosme ne néglige nul appui subsidiaire, jusqu'à celui des nobles auxquels il fait rendre l'éligibilité au priorat. Qu'aurait-il à craindre d'une classe rabaissée,