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Epist, lib. I, p

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par la philosophie, et revolant à Dieu sur la double aile des vertus actives et contemplatives.

De là, pour lui , un nouvel étai à ses idées sur les pressentiments, les apparitions, le commerce de l'invisible au visible. D'après le système des vies antérieures et du retour à Dieu, ce ne sont plus seulement des esprits troublés [perturbed Spirits) qui reviennent surnaturellement comme le père d'Hamlet, appelés dans ce monde par leurs souffrances, mais des âmes qui se communiquent naturellement en vertu de la dignité supérieure à laquelle les éleva leur détachement de la terre. Ficin abonde en merveilleux récits.

Un jour, la mère de Marsile, Alexandra, reçoit à Fighini, près de Florence, une lettre où Angela, sa mère, restée à la ville, lui annonce qu'elle se porte bien. Pareille missive d'Angela arrive en même temps dans une autre bourgade à Jean, son mari, père d*Alexandra.

Celle-ci, la nuit suivante, apparaît en songe à son époux et à sa fille, et leur demande pour elle-même des prières et des messes. Aussitôt l'un et l'autre la jugent morte.

€ Ils envoient à Florence, et on leur annonce qu'elle a succombé cette nuit-là. Mais oyez un fait non moins notable. Ma mère avait confié à une nourrice de la campagne un fils nouveau-né. Voilà qu'une nuit, en proie à une poignante angoisse, elle se voit soulevée entre les bras de sa mère, morte précédemment, qui lui dit : Ne t'afflige pas, ma fille. Le jour suivant, on lui apprend que l'enfant a été étouffé par sa nourrice. Passons le rêve qui lui montra le médecin, son mari, tombant

de cheval; ce qui arriva au lieu môme où elle songea qu'aurait lieu cette chute.

» Je laisse bien des faits semblables... D'où je tire ces deux conclusions importantes : Premièrement, les âmes des hommes qui, à raison de leur constitution tempérée, de la pureté de leur vie et de leur abstraction du corps, en sont en quelque manière séparées, comme en effet elles sont divines par nature, quand elles reviennent à soi, elles exercent cette divinité. Secondement, les âmes des morts, délivrées des liens du corps, ne sont pas sans notion et sans action sur les choses humaines. C'est ce qu'Hésiode a chanté, ce que Platon, notre maître, a confirmé dans son livre des Lois. Et toute l'antiquité les appela des Héros *. *

A propos de ces croyances, un historien catholique^ cite, d'après un écrivain du Nord% une assez pittoresque anecdote. Il s'agit de Michel Mercati, un des disciples et des correspondants habituels de notre philosophe. « Un jour qu'il discutait avec Ficin sur les desti- » nées futures de l^'homme : Maître, lui dit-il, faisons » un pacte. — Et lequel? répondit le professeur. — Que y> celui qui mourra le premier vienne dire à l'autre s'il )) y a quelque chose là-haut. — Et, en prononçant ces » mots, Mercati regardait tristement le ciel. Ficin prit » la main de Mercati et inclina la tête. A quelque temps » de là, un matin, quand tout dormait à Florence, Mer- » cati est réveillé par le bruit des pas d'un cheval et la

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