‹ Les MédicisChapitre 81 sur 262 · EpisU, lib. I, p · texte numérisé non relu

EpisU, lib. I, p

4. Vie de Laurent de Médicis,pair Roscoe ; trad. Thurot, Paris, an VII, t. I, ch. I, p. 46.

pourtant, qui le distingue et colore parfois ses écrits d'un reflet d'austère poésie. Tandis que l'école d'Aristote, plus avancée (comme on dirait aujourd'hui) que celle de Platon, demeure sans influence littéraire, grâce à cet enthousiasme poétique * et au moindre emploi des barbares formules, le néo-platonisme donnera la poésie et l'art; le mysticisme systématique inspire des génies pleins de sensualité élégante et de caprice, un Louis Pulci, un Laurent de Médicis. En dépit de toute glose, les Divins Dialogues portèrent bonheur aux disciples.

< J'exposerai, écrit Ficin à l'un de ses nombreux correspondants, ce que pense de Tenthousiasme notre Platon, — ce qu'il est, cet enthousiasme, — en combien d'espèces il se distingue, — quel Dieu préside à chacune. Platon estime que notre âme, avant de tomber dans un corps, résidait dans les demeures célestes où, comme Socrate le dit dans le Phèdre, elle se nourrissait et se réjouissait en contemplant la vérité. Ensuite quelques sages de la Grèce apprirent de Mercure Trismégiste, le plus sage des Égyptiens, l'existence de Dieu, souveraine source et lumière, où brillent les exemplaires de toutes choses, appelés les Idées. Ils jugèrent que, par l'assidue contemplation de la Raison éternelle de Dieu, l'âme apercevait plus clairement la nature de chaque chose. Elle y voyait la Justice elle-même, elle voyait la Sagesse, elle voyait l'Harmonie et chacune des admirables beautés de la nature divine...^ »

Suit la théorie si connue : oubli des beautés divines par l'obscurcissement des passions du corps, réminiscence de ces splendeurs dans Tâme éclairée et purgée

1. Divinus ille furor. — M. F., Op. omn., Epist,, lib. I, p. 612.

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