‹ Les MédicisChapitre 88 sur 262 · Marsil. Ficin., Op. omn., t. I, Epist.ylih. VHI, p · texte numérisé non relu

Marsil. Ficin., Op. omn., t. I, Epist.ylih. VHI, p

262 LES NÉDIGIS.

ORATIO MARSIMI IN PRINGIPIO LECTIONIS.

c Aspira nobis, precor, aime Deus. Narrabo nomen tuum fratribus meis, in medio Ecclesiœ laudabo te, lu conspectu angelorum psallam tibi. i

€ Ceux qui obtenaient le plus abondamment de Dieu les fruits qu'ils avaient demandés, ceux-là, très-chers frères, avaient accoutumé de rendre à Dieu les prémices de ses fruits. Mais les pythagoriciens, que les platoniciens, nos maîtres, ont suivis, rendant à Dieu la sagesse qu'ils avaient sollicitée avant tout et reçue de Dieu, méditaient et enseignaient dans les temples les sacrés mystères de la philosophie.

» Nous, donC; marchant^ selon nos forces, sur les traces des antiques sages, nous poursuivrons au milieu de cette église l'enseignement de la religieuse philosophie de notre Platon. De cette demeure des anges^ nous contemplerons la vérité divine. Mais, 6 frères très-chéris, entrons avec un esprit de pureté dans cette demeure que Dieu Tout-Puissant a remplie d'anges plus purs à la place de ceux qui naguère tombèrent dans les ténèbres... i

Quels sont ces anges déchus ? L'allusion qui suit est plus claire et s'adresse sans doute à un Médicîs :

€ Dieu a rétabli cette demeure par les soins d'un citoyen éminent par sa piété, que tous vous connaissez^ que vous vénérez tous.

» Maintenant, pour affermir votre espoir, — que nos âmes peuvent voler parfois plus haut vers les demeures des anges, — venez, oyez, voyez combien Dieu a fait pour notre âme. Mais déjà sommes-nous entrés dans ce temple angélique pour contempler ce Dieu admirable et pour Jouir avec délices de ce Dieu contemplé? Aussitôt, à ceux qui y pénètrent, ce précepte est adressé : Connais-toi toi-même. Nous devons d'abord connaître

notre âme par laquelle , comme en un miroir, nous pouvons heureusement regarder la face de notre père vénérable *.i

Christianisme de choix, prêché à la pléiade des beaux esprits, des politiques et des artistes, à cette élite dont les noms se lisent sur une colonne dans les Orti Ori^ cellari^ lieu de réunion de l'école platonique. Et si cette société ne devint pas une église, selon le plan du premier fondateur, Gémiste, elle resta, sous Ficin, une sorte de confrérie dlnitiés, à mi-chemin du Calvaire et de rOlympe. On le verra bien aux attaques dirigées par Savonarole contre ces néo-platoniciens, tous, ou à peu près, partisans plus ou moins dissimulés des Médicis.

Celui qui présida l'École presque en pontife échappera pourtant àTanathème. Le dôme de Florence garde les os de ce chrétien si mitigé , dont le peuple florentin acdopta la gloire après le retour des Médicis.

Le touriste, entrant à Santa-Maria-del-Fiorey rencontre, sur le mur de la travée de droite, cette inscription à son adresse :

/«*, voyageur^ ici gitMarsile^ père de la Sagesse y qui y éclaircissant le dogme de Platon enfoui dans la poussière par l'injure du tempsy et conservant l'élégance attique, transporta les écrits du maître dans la langue latine. Il ouvrit le premier ^ avec l'aide divinCy les trésors sacrés de ce divin esprit. Il vécut heureux d'abord par les soins de Cosme et de Laurent de Médicis, et main-

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