‹ Les méditations et souvenirs du spectateur francaisChapitre 2 sur 95 · PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRE

Paustérité du parlement qu’en promettant de ne plus parler de mes projets de réforme (i). A combien de détours ne lusje pas obligé de recourir , pour échapper à la circonspeclion craintive du garde des sceaux Miroménil, avant de donner le jour à l’ouvrage qui obtint , . en 1 787 , le prix d’utilité que lui décerna l’Académie française ! Quelle lut mon erreur , lorsqu’apfès les grands principes posés par . rassemblée constituante , j’imaginai qu’il me serait permis de donner un libre essor à mes réflexions sur les écarts des usurpateurs de l’autorité souveraine! Combien fut plus grand le danger auquel m’exposa, peu de temps a^’ès , mon aveugle

(■] Si ces réflexions furent perdues pour la gloire de l’auteur, elles ne l'ont point été ^our l'honneur de notre législation : l’ancien Répertoire de Jurisprudence et l’Encyclopédie par ordre de matières les ont recueillis bien avant la révolution , comme oli peut s’en convaincre aux mots Prisons , -Publicité l’audience, Question, etc. M. Merlin n’a pas dédaigné de leur, donner place dans sa volumineuse collection. Ainsi on ne peut pas me contester l’antériorité de date sur nos modernes réformateurs-

DISCOURS

iContiance. Je me lé rappelle encore , mbh cinquième volume sur les constitutions dè l’Europe venait à peine de rece\T)ir le jour, lorsque mon libraire s’offrit à mes yeux, tout épouvanté, en s’écriant : Monsieur ! nous sommes perdus: vous avez osé improuver la mort de Louis XVi ; faire de ce monarque un portrait qui semble être la censure du jugement prononcé , contre lui ; Vous avez assimilé hi ti^bunal de la convention à celui dés zélateurs : des murmures s’élèvent de toutes parts contre celte production que je voudrais pouvoir anéantir; mais déjà* plus de mille exemplaires circulent dans le public , et il ne m’est pas possiblcAie parer le coup qui va nous frapper l’un et l’autre. Hélas! lui dis-je , déjà vous m’en paraissez abattu ; quant à moi , je ne le crains pas , je serai une victime de plus de la vérité. Heureusement ce premier danger s’évanouit aveo les paroles effrayantes du libraire. Si je n’èusse écouté que les conseils de la prudence , j’aurais étouffé , comme tant d’autres , toutes les affections d’une ame consternée , mais comment demeurer té-

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