DE LA GUERRE
Le plus grand malheur de la guerre n’est pas de multiplier les morts ; c’est de démorahser les vivans.
Les hommes ne ressemblent plus à euxmémes dans les combats : les plus sensibles de> viennent féroces , impitoyables ; ils égorgent sans pitié l’ennemi qui ne peut plus se défendre , et leur demande la vie. Une ville est-elle prise d’assaut ? malheur à la garnison qui s’est défendue jusqu’à la dernière extrémité : sa valeur est un crime impardonnable. Le paisible citadin qui s’est retranché dans ses foyers , est une proie pour le vainqueur, qui se croit généreux en ne lui ravissant pas la vie.
Je me défie des bistoHens qui écrivent sur
SOUYESIRS
les champs de bataille : ils peuvent peindre fidèlement les hauts faits d’armes; mais que de lâches homicides , que d’actes féroces ils nous dissimulent! La confession sincère d’un vétéran serait horrible à entendre. Cependant, s’il faut détester la guerre, il n’en faut pas moins honorer les guerriers.