DU JUGEMENT PORTÉ SUR LES AUTEURS VIVANS
Ne court-on pas le risque de se tromper, en se hâtant de prononcer sur le mérite des auteurs vivans. Qui sait si celui qui ne s’est encore fait connaître dans la république des lettres que par de faibles essais, par des compositions futiles, et auquel on assigne par cette raison une humble place, ne doit pas donner le jour à de belles tragédies, à d’excellentes comédies, à un fragment d’histoire qui l’élèveront au-dessus de. ses contemporains ? Il nous semble que c’est déjà
beaucoup que de s’arroger le droit de juger du mérite des morts.