RÉFLEXIONS SUR LES MÉCONTENS
A entendre les murmures des ambitieux et des mécontens, nous serions dans le siècle des injustices. Ici c’est un émigré qui a perdu toute sa fortune, parce qu’il s’est exilé pour sauver sa tête , et qui croit que l’état ne peut pas trop le récompenser de sa prudence. Là , un fonctionnaire public, parce qu’il n’a pas concouru aux crimes commis sous le gouvernement révolutionnaire, exalte son courage et sa vertu, sa propre estime ne lui suffit pas - il veut des honneurs et des emplois lucratifs. Plus loin , un militaire qu’une ordonnace condamne au repos , trouve sa pension trop modique- pour des services rendus à un gouvernement sangui-
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SOÜVEKinS
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«aira : un magistrat parjure et qui ne pouvait racheter son infidélité par le talent, gémit du silence qu’ob a imposé à sou funeste '^èle , lorsqu’il devrait remercier l’autorité qui l’aUsout de ses fautes, et alimente sa famille.
ün poète dont l’inépuisable verve fatigue nos oreilles de ses chansons, de ses épilhalames , s’indigne de voir sur d'autres poitrines que la sienne la croix de la légion d’honneur. Un bruyanj; sermonaire qui se croit l’émule de Massillon , parce qu’il a le talent de dérober ses larcins et qui prend de froides exclamations pour de la chaleur, les outrages pour du zèle, s’étonne de n’étre pas sur la liste des nouveaux évéques.
’ il n’est pas un agioteur qui, après être devenu éligible par ses propriétés, ne reproche au gouvernement de négliger ses lumières en finance, et de ne pas lui frayer la route de la tribune.
Toutes les richesses du Pérou ne suffiraient pas à satisfaire la soif des méconiens qui ne sroyentqu’iogralitnde dans l’autorité , que partialité dans ses récompenses et ses faveurs.
Que faire pour étouffer tous ces murmures , et s’environner d’un respect inaltérable ? Tenir uses promesses, à sesengagemens, ne donner
DU SPECTATEUa FRANÇAIS. 3o5
qu’à ceux qui mériteut obtenir, ne secourir que ceux qui ont véritablement besoin d’être secourus, honorer la vertu partout où elle se trouve, laisser à la richesse toutes ses jouissances, faire régner l’équité dans tousles tribunaux, dans toutes les administrations par de justes progressions en bouneurs et eu traitemens.
Béni soit à jamais le gouvernement qui saura donner la preuve et l’exemple de cette rigidité de principes qui s’étendra du sommet de la puissance aux autorités les plus modestes.