‹ Les méditations et souvenirs du spectateur francaisChapitre 60 sur 95 · PORTRAIT DES BONS MINISTRES · texte numérisé non relu

PORTRAIT DES BONS MINISTRES

11 J », dans; le cercle de la chrétienté, des ministres de la religion bien dignes de nos respects et de notre confiance. Ceux-là sont vériiablemont les zélés serviteurs du Dieu qu’ils adorent et les sincèi'cs sujets du monarque auquel ils ont juré obéissance et fidélité, qui sont étrangers à toutes les questions politiques. Leur eode de lois est l’évangile ; ils trouvent bonnes toutes les instilutioiis qui ont pour objet d’éclaircf les hommes et de les rendre meilleurs j ils tonnent contre le vice et l’athéisme , mais sans haïr les vicieux et persécuter les athées -, ils s’efforcent de ramener les premiers à la vertu et les autres au culte du vrai Dieuj ils n’affectent ni humilité ni faste; iis sont modestes et decens; ils attribuent au ministère qu’ils exercent les honneurs qu’on leur rend , et ne s’offensent pas lorsqu’on a le tort de les leur refuser : iis ne méprisent pâs les pauvres , eux-mémes ne rougissent pas de le paraître : ils ne portent pas envie aux riches , Us se contentent de IcS solliciter quelquefois de remplir le devoir que l’humanité et la religion leur imposent. On ne les voit pas s’immiscer dans les sociétés des laéconlens ; ils ne mêlent pas leur voix à des

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déclamations contre les organes d’une autorité légitime; d’odieux pamphlets ne les détournent jamais de la lecture des livres saints : la morale de Fénélon leur paraît préférable aux exagérations d’un zèle qui brûle au lieu d’éclairer, qui détruit au lieu d’édifier. De tels prêtres sont si précieux à l’état qu’on ne peut trop les multiplier, faire trop d’efforts pour assurer leur subsistance : le superflu qu’on leur donnera ne sera pas perdu pour l’honnête indigent : ils iront visiter celui qui souffre avec plus d’assurance , . et ne le consoleront pas seulement avec des paroles ; les promesses d’un avenir plus heureux seront suivies de quelque réabté pour le présent.

Voulez- vous étendre les progrès de la religion, rendez-la aimable et secourable ; si elle a toujours un visage sombre , austère , on se détournera à son approche. Le fils de Marie ne s’offrait aux yeux des hommes que sous les dehors de la bonté ; il apportait la santé aux malades , il multipliait le pain pour ceux qui avaient faim. Ses discours n’attristaient jamais ses disciples : si les profanateurs du temple excitèrent une fois sa colère, pas un d’eux n’en fut blessé ; le tonnerre de sa voix les mit en fuite et ne les renversa pas ; qu’ils sont loin

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de ce divin modèle ceux qui voudraient rallumer les feux de l’inquisition , qui condamnent sans exception à des flammes éternelles tous ceux dont l’origine a intercepté les lumières de la foi ; qui comptent pour rien les œuvres de la charité , tandis que c’est par elle seule qu’on peut complaire à celui qui l’a proclamée comme la première vertu et la seule qui couvre toutes les erreurs, toutes les &U>lesses de l’humanité! <!«>•:<

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