‹ Les méditations et souvenirs du spectateur francaisChapitre 67 sur 95 · DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE · texte numérisé non relu

DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

Lorsque j’entends déclamer contre la liberté de la presse, par la raison que des écrivains qui vivent au jour le jour, et n’ont pas même d’honneur à perdre, abusent de cette Uberté , j’aimerais autant qu’on me dît qu’il faut arracher toutes les vignes , parce que des mercenaires , après s’étre enivrés , jettent des cris séditieux, ou répandent l'effroi dans leur famille. S’il est des hommes qui jurent et blasphèment, faut-il pour cela interdire à tous les autres l’usage de la parole. Partout le mal vient à côté du bien. Apprenons aux hommes à discerner les plantes vénéneuses d’avec celles qui sont salutaires ; ils étoufferont les unes , et multiplieront les autres.

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sotJVEMns

Il ti’y à tipn de plus libre rpie là pcusc'é. G’esl là une Vérité incoialeslable. Il ne s’en s\ut pas cependant que riieitmi'é duivè être .libfé de lOül publier. Utt tnusulman qui ^ dans leà états du Grand-SeigheÜV , s’àviseràtt de dirè que Mahomet n’était qü\iii inrposliâir qui ‘abusait de là créàülité d’ignorabs ConduêleUri de olian\caux-, toiit ^ pVôtlamailt tailé Viéiile j s’exposerait au dernier siipplicc , et ceui mémo qui partageraient son opinion, trouveraient bon que lè pàl fît jùslicé dé'sa Iranchisc.

Un sujet du Pâp'é qui oseràit inipt-imer que saint Pierre n’exerça jamais dé soiV Vivant qu’utft' autorité spiritui'lle , èt que son sncceà»seur auquel il n’a été UrartSinîs qué le mcm'e pou voie, celuiâesàiefs, n’a pas le droit dé coudàtiiner à niôrt un de cetix qui i-xistent soUS sa domination -, serait trop lieUVétix d’étt être quitte pour fartier sur les galères de Sà Sainteté.

Un Anglais qui prétendrait qué la liste ei- Vilé étant «h tribut qbte là nation paie àU souverain pour la gouverner , celai qui UVst phrê en état de tenir les rdiies du pouvoir, n’à pluà le droit d’y prétendre , tïon •seuleUTén't soulèverait d’indignation contre lui un peuple gé^

nëreut et Idj^rI mais s’eïposerâit encore à 1» honte du pilori.

Si même à Boston, cette ville delà liberté, un écrivain en abusait au point de de'clàrer; hautement que le président des états devrait , à l’expiration des cinq ans, qui est le terme de sa puissance , se concilier 1 affection des armées dont il est le chef, pour se méintenir dans son poste éminent, et braver tous les suffragès : l’auteur d’une pi‘opo$ition si aUeûtatoite à la liberté publique serait déféré aux tribunaux comme un criminel d’état. >

Si donc , dans les gouvernémetas les plus li^bres, comme dans les plus despotiques, il y a des pensées qu’il est d’une rigoureuse nécessité de comprimer j comment .se trouve-t-il • parmi nous de prétendus publicistes qui accusent le notre de n’êtfe pas libéral , pafee qu’on les cOodaitine à une captivité de quel-; qUes mois pour avoir^ dansleurs libelles, pous-) sé la licence jusqu’à outrager le chef sUprémè ' de l’état , révoq^uer en doute les titres de sa lé-^ gitime soureCaineté ,.et lui contester les prëro-gatives qu’il tient d’une loi acceptée et consentie par les représentans de la nation. Insensés! qui ne voulez reconnaître ni puissances sur la terre, ni puissances dans le ciel , renfermez

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vos affreux systèmes dans vos têtes orageuses, et ne soyez pas assez ennemis de vous-mêmes et de la société, pour ne pas vous condamner au silence.

DE l’enseignement MUTUEL.

On parle beaucoup de l’enseignement mutuel. Si , après s’être donné mutuellement des leçons de lecture , d’écriture et de calcul , on se communique de l’aversion pour le vol , du* mépris pour la débauche , de l’affection pour la patrie , de l’enthousiasme pour l’honneur , du respect pour la loi, de la vénération pour l’auteur de la nature, de la résignation à ses décrets , de la compassion pour les malheureux , un respect religieux pour ses parens , et surtout un attachement sans bornes aux grands principes de la monarchie dont tous les Français doivent être les défenseurs , alors, seulement alors je ferai des voeux pour que ce nouveau mode d’enseignement soit adopté dans tous les départemens et jusque 4^ns les hameaux les plus obscurs.

Dü SPECTATEUR FRANÇAIS. 5l5

DES AVANTAGES QU’oN AURAIT PU RETIRER d’uNE COLONIE TROP INJUSTEMENT DISPERSÉE.

C’était une belle résolution que celte qu’avaient prise des Français proscrits pour leurs opinions , d’aller dans un autre hémisphère respirer loin de nous l’air d’une liberté, d’une égalité qui est devenue leur élément. Au lieu de voir d’un œil inquiet se réaliser un sem« blable projet , si J’avais l’honneur de siéger au conseil du monarque, je l’aurais favorisé de tous mes efforts. 11 est , aurais-je dit, trop heureux que des hommes qui se sont montrés les ennemis de la royauté, qui ne veulent reconnaître ni la légitimité ni l’inviolabilité du monarque, qui répandraient parmi nous leur funeste doctrine, se séparent volontairement d’une patrie dont ils troubleraient l’harmonie, dont ils voudraient .détruire le pacte social. Donnons à leur émigration le plus libre cours , rendous-les assez heureux, assez paisibles dans l’établissement qu’ils ont formé , pour qu’ils ne soient jamais tentés de revenir parmi nous ; que des bâtimcns toujours prêts les transportent sans frais avec leurs fortunes et leurs adhérens au-delà des mers ; plus leur nombre sera grand , plus le sol de la monarcBie sera puri-

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fiée , moins la loi conslilutioniielle recevra d’allcihte. Si cette colonie prospère, si elle peut devenir un jour , par son industrie , ce que sont aujourd’hui les Etats-Unis d’Amérique, nous commercerons avec elle, noos échangerons nos produits contre Icssiehs , nous donnerons an monde le beau spectacle d’une rivalité de système politique ^ on sera à méuie de juger sous quel hémisphère existe lu vé»itable liberté et le bonheur le plus parfait.

Quelle que longue que soit la paix en Europe, elle Uc sera jamais hiqoiète de Son stircroit de popnialioU , les alimens se multiplieront avec le délHchemcnt de l’Amérique , sés déserts se transformeront en cité, et le sauvage lui-méme se civilisera en voyàntqite l’abondance naît de l’agriculluCe et non de la chasse ; que le travail n’esl pas incompatible avec la liberté , qu’ongagne plus à s’erttr’aider qu’à s’entre-détruire; que les animaux féroces bl les serpens sont les seuls ennemis de l’homme, et contre lesquels i il doit diriger les armes dont l’intelligence a fortifié sa faiblesse naturelle : U ne fera plus un mystère de ses découvertes et de ses pré- > sr-rvatifs à celui qui a honte de sa nudité, et' adore le vrai Dieu : il. deviendra sobre par raison , il ne riJIjuera pas de la perdre et d’abié- • • *

gUT ses jours en ne s’abreuvant que de liqueurs fortes .auxquelles il sacrifict’ait ses dieux et jus^ qu’à son indépendance.

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