‹ Les méditations et souvenirs du spectateur francaisChapitre 68 sur 95 · SUR UE DÉTACHEMENT DE LA VIE · texte numérisé non relu

SUR UE DÉTACHEMENT DE LA VIE

L’idée de la fnOrl éSt pénible pOut celui

qü’ell'e sép.Tre d^amis Véritables eide pàrehS qui le regretteront sincèrement. Celle de l’iimriorlalltéUe serait guère moins triste poUr l’borfiiïifi qui se trouve délacbé de toute alFection dOüCO sur la tetre où sâ destinée devrait le fixer dàni l’isolement. Ou Se lasse en vivant de voir toujours le vice prospérer él la Vertu décôuragéé par le màlheUr et l’injustice.

On s’ennuie d’entettdrc sarts césse mettre eil question par d’infàtigabli s politiques Cê quiest irrévOcabléViVent jugé. On est Importuné lors^ qu’on voit des spéculateurs qui auraient tant de justes reproebes à se fait e , ne s’accuSer qoé dHuiprévojancc, parce qu’ils n’ont pas SU deviner les variations qui pouvaient tout-à-cônp les enrichir. *

On se seul disposé à Sè s.'pârer de la société, lorsqu’on voit les égards , les respects , les adulations prodigués à l’opulence où à la vanité des litres, tandis que le mérite obtient à peine les signes d’une froide politesse.

On est aussi près de la pitié que du mépris pour les hommes, lorsqu’on découvre que tant d’intrigues, tant d’agitations, tant de menées sourdes n’ont pour objet que de porter à la chambre de nos mandataires des individus qu’on croit favorables à ses passions, à ses espérances, Enfin , on ne tient plus à l’existence, lorsque des chagrins et les amertumes qui en sont inséparables, ne sont plus adoucis par le charme de la confiance et la jouissance de faire découler de son cœur l’aisance et le bonheur sur des malheureux. Mais il y a encore loin de cette satiété de la vie à la résolution de l’abré« ger. Elle est pour le sage un poids qu’il a le courage de supporter : il finit par se convaincre que la vie n’est qu’une ^ngue maladie plus ou moins douloureuse dont la mort nous guérit.

A mesure que l’homme avance en âge , ses cheveux blanchissent, les rides sillonnent son visage , ses yeux s’obscqrcissent, ses oreilles deviennent moins sensibles au son ; comment les facultés de son esprit , les aflèctions de son âme qui tiennent de si près à son organisation physique n’éprouveraient-elles pas aussi des altérations? Il Ta ut l’avouer à la honte du sentiment le plus délicat, on aime moins à mesure qu’on perd la faculté de l’exprimer, on a moins

Dü SPECTATEUR FRANÇAIS. Siy

d’éloquence lorsque les fibres du cerveau reçoivent une vibration moins forte de l’activité . du sang :en vieillissant, l’homme sent décroître son appétit comme son sommeil : l’amour de la gloire s’éteint avec l’âge dans le cœur des héros , ils sentent le besoin de ^e reposer sur leurs lauriers ; le goût le plus exquis pour les beaux-arts s’émousse, et l’harmenie des plus beaux vers ou d’une prose élevée n’a presque plus de charmes pour l’oreille du littérateur dont la brillante imagination est refroidie par les années.

B est peu d’individu pensant qui ne jette quelquefois un regard inquiet sur l’avenir, quelqu’insouciant qu’il ait été sur le présent. Son humeur, jadis enjouée, devient morose et chagrine , son rire aimable n’est plus qu’ue grimace , et il est importuné de la joie qu’il recherchait auü’efois. C’est ainsi que tout se décompose dans notre pauvre nature : on dirait que le physique et le moral se flétrissent et se pulvérisent ensemble. Mais il ne faut pas qu’une aussi triste pensée nous aveugle au point de nous précipiter dans le matérialisme.

SOLlYEKIRS

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