‹ Les méditations et souvenirs du spectateur francaisChapitre 7 sur 95 · DE X.A GUERRE ET DES GUERRIERS · texte numérisé non relu

DE X.A GUERRE ET DES GUERRIERS

Autrefois la guerre, semblable aux tempêtes qui purifient les eaux de la mer, purgeait les cités et les familles des sujets qui y portaient le trouble et le déshonneur; mais elle enlève

aujourd'hui à l’agriculture, aux arts, à l'industrie une si florissante jeunesse, qu’elle n’est plus un remède salutaire pour les nations.

Si la guerre est une calamité pour les peuples, elle est une leçon pour les rois.

. Rarement les vieux monarques sfct tourmentés de l’esprit de conquêtes : ne serait-il pas à désirer qu'ils eussent commencé comme ils flnissént ?

La guerre est pour les princes une espèce de jeu : il est fâcheux que le sang des hommes et les édifices des villes soient leurs mises.

Que de combats n’auraient jamais eu lieu si l’on eût pu voir avant, ce qui fait gémir après î

On a jusqu’à nos jours considéré les projets de paix perpétuelle, comme de belles chimères, parce qu’il ne faut pas moins pour les réaliser, qu’une raison prédominante dans toutes les cours et chez toutes les nations.

C’est une étrange célébrité, que celle d’avoir le plus incendié de villes et exterminé le plus d’humains.

QuMid viendra-t-il le temps où l’état militaire ne sera la profession de personne pendant la paix, et deviendra celle de tous eu cas d’agression?

DU SPECTATEUR FRANÇAIS. a5

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