EXPOSENT
C’est UH beau triomphe que celui d’étre proclamé député par le suffrage presque universel de ses concitoyens ; niais lorsqu’on vient à réfléchir sur les moyens qu'on emploie trop souvent pour l’obtenir , lorsqu’il est démontré que l’homme le plus éclairé , le plus attaché à la loi , le plus dévoué aux intérêts du peuple, à la gloire de sa patrie , le plus déterminé à mainteuir la prérogative de la couronne , ne serait pas honoré de dix suffrages dans une assemblée d’électeurs , si , conflant dans leur impartialité, il s’était reposé tranquille sur ses droits légitimes , on n’est pas tenté de porter envie à celui que l’activité d’une faction , ou l’esprit de parti a élevé à l’bonueur de siéger parmi nos députés.
La loi sur les élections ne rencontre tant de censeurs, que parce (ju’elle les frustre de l’espoir d’étre élus. Est-ce donc à leurs yeux une chose si précieuse que la faculté de repousser une proposition émanée de la volonté royale ,
quand bien même elle ne renfermerait rien que d’utile et de louable.
Lorsque j’entends répéter que la représentation nationale est trop limitée , je suis tenté de demander si, lorsqu’on agite dans la chambre des députés une question sur un point de législation ou de finance , il n’y a pas assez de tumulte dans l’assemblée , assez d’orateurs qui se disputent la parole , quoique incertains encore du sens dans lequel ils exprimeront leur opinion.
Combien d’anciens législateurs , si jaloux autrefois de figurer à la tribune, rougissent aujourd’hui des discours qu’ils ont fièrement débités , et voudraient que le Moniteur qui éternise leur honte eût été dévoré par les flammes.