HOMMAGE
A. Id mémoire 'd’une dame très-recommandable que la mort vient d enlever à ses nombreux amis. ^
Un son funèbre retentit dans les airs et vient frapper mon oreille. La mort a donc ouvert un de ses nouveaux abîmes. Hélas! c’est pour recevoir les restes inanimés de l’épouse la plus fidèle, de l’amie la plus constante. Scs yeux , qui étincelaient de tant d’esprit, sont fermés pour jamais ; sa bouche, d’où s’échappaient des pensées si fines et souvent si profondes, ne
s’entrouvrira plus Que vâ devenir la fille
qu’elle a délaissée sur la terre avec un si vif regret^ à laquelle sa tendresse ingénieuse a voulu laisser, la ^cille de sa mort, un gage harmonieux? Qui lui donnera, comme elle, le goût des beaux-arts? Puisse celte fille adorée ne jamais oublier les préceptes de la sagesse maternelle, et ne pas seulement recueillir ses
biens, mais encore se montrer rhérililre de ses vertus, de cette charité mystérieuse qui savait si bien adoucir la douleur de l’infortune 1 ^ .
Sensible Dutaillis, les affections de ce monde sont si fugitives , que ton souvenir s’effacera bientôt de la mémoire de ceux qui jouissaient du charme de tes entretiens : mais tant que mon cœur palpitera , tu y demeureras vivante , et tu n’en sortiras qu’avec le dernier soupir de ton ami.