‹ Les mefaits des intellectuelsChapitre 33 sur 44 · PREFACE XXXVII · texte numérisé non relu

PREFACE XXXVII

Je suis persuadé que, dans quinze ou vingt ans, une nouvelle génération, débarrassée, grâce au bergsonisme, des fantômes construits par les philosophies intellectualistes depuis Descartes, n'écoutera plus que les hommes capables de lui expliquer la théorie du mal; alors on entendra les étudiants crier à leurs maîtres : « Parlez-nous de Pascal » , comme, au début du xvi" siècle, les élèves des Universités italiennes criaient à leurs professeurs, quand ils voulaient mettre à l'épreuve leurs doctrines : « Parleznous de l'âme. » {Renan, Averroès, page 355) ; c'est qu'on trouve dans les Pensées les plus fortes pages qu'un auteur français ait écrites sur le mal. Proudhon aurait été bien digne de reprendre la question au point où l'avait menée Pascal; mais l'esquisse qu'il donna en 1846 est radicalement gâtée par l'idée fantasmagorique d'une science qui va permettre de réaliser une société rationnelle; je me demande s'il n'a pas été, plus tard, empêché de corriger ce malheureux essai par un certain optimisme utopique

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