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Augustin Thierry, pâle et chétif élève du collège de Blois, était âgé de quinze ans, lorsqu'en 1809, pendant un congé, dans l'obscure salle d'études où il s'était glissé clandestinement par passion de lecture, il découvrit, « dans un éblouisseraent d'imagination », la poésie chaude et colorée des Martyrs de Chateaubriand : « Ce jour là, raconte-t-il, je feignis de m'être fait mal au pied, et je restai seul à la maison. Je lisais ou plutôt je dévorais les pages, assis devant mon pupitre, dans une salle voûtée qui était notre salle d'études... J'éprouvai d'abord un charme vague... mais quand vint le récit d'Eudore, cette histoire vivante de l'empire à son déclin, je ne sais quel intérêt plus actif et plus mêlé de réflexion m'attacha au tableau de la ville éternelle, de la cour d'un empereur romain, de la marche d'une armée romaine dans les fanges de la Batavie, et de sa rencontre avec une armée de Franks... L'impression que fit sur moi le chant de guerre des Franks eut quelque chose d'électrique. Je quittai la place où j'étais assis, et marchant d'un bout à l'autre de la salle, je répétai à haute voix et en faisant sonner mes pas sur le pavé : Pharamond ! Pharamond ! nous avons combattu avec l'épée ! »