VI. Epitaphium cujusdam divitiscomitissx
Beaugendre a, dit-il, tiré cette épitaphe d'un manuscrit de Tours. Ce manuscrit étant celui du médecin Du Poirier, la pièce s'y trouvait jointe au Floridus aspectus, comme elle vient à la suite du même recueil, sous le même titre, dans le n° 1 136 de l'Arsenal, fol. 57. On a donc lieu de supposer qu'elle est plutôt de Pierre Riga que d'Hildebert. 11 ne s'agirait plus alors, comme Beaugendre l'a pensé, d'Adèle, comtesse de Blois.
VII Epitaphium cujusdam Thomœ.
Quel est ce Thomas ? C'est évidemment un contemporain de Pierre Riga, car la pièce, extraite par Beaugendre du manuscrit de Tours, est aussi dans le manuscrit de l'Arsenal, fol. 57. Il était, disent les vers, de noble naissance et mourut le 3 février. Or nous trouvons à cette date, dans un ancien obituaire de l'église de Reims, la mention d'un certain Thomas Lenoir , fils d'Anselme, archidiacre de Bayeux et chanoine de Reims (3), qui, pour avoir fait un gros legs à cette église, peut bien avoir mérité l'hommage
(1) EisL litt. de la France, t. XI, p. 3S3.
(2) Rec. des Histor. de la France, t. XII, p. 72.
(3) Varin, Arch. législ. de Reims, t. I, p. 67.
d'hildebert de lavàrdin 23
poétique de Riga. Cette épitaphe est d'ailleurs la plus altérée de toutes celles qu'a publiées Beaugendre; c'est pourquoi, bien qu'elle ne soit pas d'Hildebert et qu'elle ait peu de mérite, nous croyons devoir en donner un texte lisible. Le voici :
Quem studio morum naturee pinxerat unguis
Incausto tingit mors inimica suo.
Nullius vitii glacies hiemavit in isto,
In quo virtutes ver statuere suum.
Si quadravit eum virtutis régula, nullam
Compulit in partem quœlibet aura virum.
Morum nobilitas excessit sanguinis ortum,
Naturam juvit moribus ipse suis.
Mens bona disposuit, sermo docuit, manus egit;
Hinc bonus, hinc melior, optimus inde fuit.
Tertia lux aderat februi, cum tertia febris
Nuntia mortis adest, perdere jussa Thomam.