‹ Les mélanges poétiques d'Hildebert de LavardinChapitre 18 sur 118 · XV. Epitaphium Hélix, comitis Cenomanensis · texte numérisé non relu

XV. Epitaphium Hélix, comitis Cenomanensis

Cette épitaphe du comte Hélie, lue par Beaugendre dans un seul manuscrit, celui du médecin Du Poirier, n'est certainement pas d'Hildebert. Nous n'hésitons pas à la rejeter. Il est bien vrai, comme le rapporte Beaugendre, que le comte et l'évoque, après avoir été des ennemis très déclarés, finirent par s'entendre, et que l'évêque fit au comte, après sa mort, de belles funérailles. Il est donc probable qu'il n'aura pas manqué de composer des vers en son honneur. Mais ces vers ne peuvent être les pitoyables hexamètres qu'a publiés

(1) Hist. litt. de laFr.,-p. 240.

(2) Gale, Hist, Britann. Script., t. III, p. 357.

d'hildebert de lavahdin 35

Beaugendre; le poète que nous connaissons n'en a jamais écrit de tels. Une autre épitaphe d'Hélie se trouve dans les Papiers de Baluze n° 120, fol. 347. La voici :

Vivus eras, Helia, tuispax, gloria, virtus;

Teque vigente vigenl teque mente ruunt. * Te plangit Turonis, flet Pictavis Andegavusque,

Urbs Cenomana magis, tota madens lacryrais.

Hase, viduata tua tam multiplie! bonitate,

Traditur exitio pestiferoque jugo.

Prœsignans casura nimiura multis lacrymosum,

Prœco tui fati meesta cornet a fuit; Nïmirum tant.EC prœaoscens damna ruinas,

DifFudit radios nubila flammicomos; Quippe Deus signum voluit prœmittere magnum

Principe pro tanto tamque potente viro.

Alter Csesar eras, virtute terens inimicos,

Pollens coDSilîo tertius ipse Cato.

Lîngua referre nequit gentes quas vi superasti ;

Yictis parcebas, mitia jura dabas.

Ut sibi pacifleus fieres et parcere velles,

Anglorum tibi rex magna tributa dabat.

Munera multa dabat ; tu palmam restitùebas,

Vicit namque tuo sœpius auxilio.

Qui modo florebas, modo tantus in orbe vigebas,

Es modo putredo, terra cinisque modo.

Cur, moribunda caro, tibi plaudis culmine summo?

Quœ tam fluxa ruis mox sine fine gémis.

Iste videbatur modo verttee tangere cœlum ;

Ëcce videtur nunc non homo, verme rainor.

Nunc cibus est vermi nuper timor ille potentum,

Sordetetest stercus gemma, decus comitutn.

Laus sua prœteriit, periit quod vixerat omue ;

Esse suura nihîl est, mortuus est penitus.

Sic fugit atque périt, sic transit gloria carnîs,

Deluditque suos instabilis famulos t

Baluze dit de cette épitaphe : Videtur esse scriptum ab Hildeberto. C'est, comme on le voit, une simple conjecture. Elle est peut-être fondée; cependant nous ne sommes pas en mesure de la confirmer par le témoignage d'un ancien copiste.

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