‹ Les mélanges poétiques d'Hildebert de LavardinChapitre 17 sur 118 · XIV. Epitaphium Brunonis · texte numérisé non relu

XIV. Epitaphium Brunonis

Beaugendre a trouvé cette pièce dans le manuscrit, par lui souvent cité, que possédait le médecin Du Poirier. Nous la retrouvons dans les papiers de Baluze, n° 120, fol. 342, où elle contient deux vers omis par Beaugendre. Ce qui nous décide à la reproduire avec cette addition et quelques autres corrections :

Ad superos superum cultor sociusque recessit,

Gommendans terrée Bruno quod ejus erat; Sarcinulasque levés et agentem Prothea mundum

Despicit, eeternas pauper adeptus opes.

Depositum in terra cineri miscetur, idemque

Sperat et expectat prœmia sorte pari.

Suspicor angelicas hinc exultare cohortes,

Et cœli cives plaudere cive novo.

Sexta dies octobris erat cum Bruno, professus

Naturam, superos exoneratus adit.

Il s'agit de saint Bruno, le fondateur des chartreux, dont la mort est ici bien datée, sexta dies octobris, le 6 octobre 1101 (2). Cependant ce n'est pas Pépitaphe de l'illustre ascète ; c'est une pièce détachée de son rouleau funéraire. Les vers qui furent gravés sur la tombe

(1) Hist. titt. de la France, t. XI, p. 421. *

(2) Ibid., t. IX, p. 239.

de saint Bruno et qu'on peut lire dans l'Histoire littéraire (1) sont beaucoup moins poétiques.

Nous ne croyons pas, d'ailleurs, qu'Hildebert soit le véritable auteur de la pièce transcrite par fialuze et publiée par Beaugendre. Il est, en effet, invraisemblable que, faisant les vers avec tant d'aisance, il ait servilement calqué sur une épitaphe connue l'éloge funèbre dont il voulait honorer saint Bruno. Or ce vers,

Ad superos superum cultor sociusque recessit,

est, sans aucun changement, le premier vers de l'épitaphe du poète saxon Âdhelme, telle que la rapporte Guillaume de Malmesbury (2). Adhelme étant mort au commencement du vm e siècle, c'est donc un vers qui vient de loin. Ajoutons que, dans la suite des deux poèmes, se rencontrent les mêmes pensées diversement exprimées.

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