AVANT-PROPOS
Né, vers Tannée 1055, à Lavardin, près Montoire, nommé scolastique de l'église du Mans avant Tannée 1092, puis Tévêque de cette église en 1097, enfin archevêque de Tours en 1125, Hildebert mourut sur ce dernier siège, peut-être en 1133, au plus tard en 1134, Nous ne nous proposons pas de raconter ici les diverses circonstances de «a vie très agitée. Nous parlerons de l'écrivain, non de l'évèque, si ce n'est quand nous devrons expliquer des allusions. D'ailleurs, quoique l'évêque ait joué, dans ses deux églises, un rôle considérable, sa renommée n'a pas égalé celle de l'écrivain. On a déjà fiait un recueil des hommages rendus au savoir, au mérite, aux talents variés d'Hildebert, par les plus notables de ses contemporains, par ceux-là mémo qui n'étaient guère prodigues de leur estime, comme saint Bernard et Geoffroy de Vendôme. C'est
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un recueil que nous pourrinos beaucoup augmenter. Prosateur et poète, Hildebert fut quelque temps, dans nos écoles, un des modèles les plus recommandés à la jeunesse. On faisait apprendre ses Lettres par cœur (1). Ses vers étant alors préférés à tous les vers .• inspirés par la muse chrétienne, on le désignait, sans avoir besoin de le nommer, par le titre i'Egregiusr versificator (2), et, quand on le nommait, on disait « HiMebert le divin (3). » Ajoutons que sa gloire n'était pas moins grande à l'étranger qu'en France. Un de ses contemporains, Laurent, abbé de Westminster , le place au rang des saints docteurs après Augustin, Origène, Ambroise, et dit de lui :
Inclytus et prosa versuque per omnia primus, " j
Hildebertus olet prorsus ubique rosam. ' . Diversum studium fidei subservit eidem ;
Multa camœna quidem tendit ad iliud idem (4). I
Nous avons encore, sur ce point, un précieux témoignage, celui d'Orderic Vital : A Romanis cardinalibus,
(!) « Multum refert reddere corde tenus Epistolas Hildeberti, Cenomanensis episcopi, urbana comitate dictatas. » Guiberti de Tornaco Sermones; mss. lat. de la Biblioth. aat. n° 9606, fol. 57.
(2) RUA. littér. de la France, t. XI, p. 370. — Voir la lettre 34 de \ Geoffroi, sous-prieur de 8ainte-£arbe. Migne, Patrolog., t. GÇV, ' col. 865.
(3) Voir les manuscrits 574 d'Arras, 215 de Troyes, 136 de Laon.
(4) Laurentius, Dunelm. mon.; Hypognosticon de veL et novo testa' mento ; Brbl. nat. mss. lat. n« 8340, fol. 83, verso. Les deux premiers