AVANT-PROPOS III
qui fréquenter Gqlliarvm plagas adeimt, plurima Hildeberti carmina Romam transferuntur, qux dicacium soholis et didasccdis Quirïtum admiranda oensentwr{\). Cependant on ne trouve guère ni de. sa prose ni de ses vers dans les manuscrits du xiv* siècle. La direction des études étant changée, les philosophes, les canonistes, les légistes , ayant pris le pas sur les rhéteurs et les poètes, Hildebert est presque oublié. Il Test tout à fait vers la fin du xv e siècle, et l'imprimerie naissante ne publie rien de lui. Qu'on ne cherche pas son nom dans le Répertoire de M. Hain; il n'y est pas. Ce fut Gaspard de Barth qui le fit de nouveau connaître, en l'année 1624, en imprimant sous son nom un poème dont il n'est pas l'auteur (2). Quelques années après, en 1637, André Bachmann [Rivinus) édita bon nombre de ses sermons. Les auteurs de la Bibliothèque des Pères et Luc Dachery publièrent ensuite pour la première fois, outre ses lettres, quelquesuns de ses poèmes, et plusieurs autres parurent en 1666 dans le Thésaurus epigraphiorum du P. Labbe. Mais
de ces vers ont été souvent cités d'après la Grande Chronique de Tours (Salmon, Rec. des Chroniques de Touraine, p. 132), qui les donne sans nom d'auteur : Quidam ait. Nous avons encore trouvé la pièce à laquelle Us appartienneat dans le n° 15157, fol. 51, de la Bibliothèque nationale. *
(1) Orderic Vital, lib. £, cap. vu.
(2) Casparis Barthii Adversariar comment, lib. XXXI, c. xiii. — Notices et extraits de&man., t. XXIX, deuxième partie, p. 361.
1Y ÀVÀNT-PB0P0S
persopne a' avait encoreentrepris de réunir et de mettre sous les yeux du public toutes les œuvres d'Hildebert. Le P» Labbe avait bien, dès l'année 1^53 (1), indiqué, d'après les manuscrits, divers poèmes encore inédits dont il se proposait de former un recueil et dont ii annonçait déjà la publication prochaine ; mais il se vit bientôt contraint par le déclin prématuré de ses forces d'abandonner ce projet avec beaucoup d'autres. Il apprit du moins avant de mourir qu'un jeune savant, Etienne Baluzo, venait de prendre l'engagement à peu près formel de publier une édition complète d'Hildebert. Ayant fait cette promesse •en l'année 1664, dans sa^réface aux QEuvrfes de Loup Servat, abbé de Ferrières, Baluze voulut, en effet, la remplir, copia de sa main ou fit copier, en diverses biblio thèques, un très grand nombre de lettres, de sermons, de traités, de poèmes de toute sorte, la matière d'un fort volume. Mais ce volume, longtemps espéré, ne parut pas. Baluze n'y put mettre jamais ce que nous appelons la dernière
main. Comme on le voit, les hommes ûés avec la pas- ! sion du travail entreprennent souvent plus qu'ils n'exé-
. cutent; mais il ne faut pas s'en étonner, puisqu'ils
: n'ont pas à vivre plus de jours', plus d^heures,que les oisifs. On nous a conservé les copies de Baluze. Elles
(2) Labbe» Nova biblioth. manuscript. libror. (1653, in-4°), p. 59.