‹ Les mélanges poétiques d'Hildebert de LavardinChapitre 64 sur 118 · LXXX. Ad Romam, de descensu sui · texte numérisé non relu

LXXX. Ad Romam, de descensu sui

Beâugendre n'est pas l'auteur de ce titre barbare . Nous le disculpons, on le voit, quand nous le pouvons. La pièce se lit sous ce titre dans le n° 5129 (fol. 274) de la Bibliothèque nationale, où Beâugendre l'a copiée. Mais c'est Beâugendre qui Ta mise au compte d'Hildebert; dans le manuscrit, elle est anonyme. Pour prouver qu'elle n'est pas d'Hildebert, il suffît de faire remarquer qu'elle est en vers dactyliques.

LXXXL Ad A* comitmaniè

L'éditeur suppose à bon droit que cette comtesse est Adèle de Blois, dont Hildebert fut le conseiller et l'ami. Aussi la pièce nous est-elle parvenue sous le nom de cet évéque. Nous la voyons à la Bibliothèque nationale dans un recueil de ses œuvres, n° 14194 (fol. 161)! et dans les Papiers de Baluze, n° 120 (fol. 319). Elle est, d'ailleurs, assez galamment tournée.

LXXXIL Ad Anglw reginam*

M. PrôSâel a publié Cette épître dans la Revue philologique, t, I, p. 408, d'après len° 3761 (fol. 68) de la

D'HÏLDfiBËRT DE LAVAfiDÏN 131

Bibliothèque nationale. Comme elle est jointe dan* ce volume à diverses pièces dont quelques-unes semblent appartenir à l'antiquité, M. Pressel a supposé qu'elle pouvait être aussi du même âge. Il ignorait sans doute qu'elle avait été déjà publiée dans les œuvres d'Hildebert. Quoi qu'il en soit, M. Pressel s'est trompé quand il l'a crue si vieille. D'abord le style de cette épître n'est pas antérieur aux temps barbares; ensuite elle est à l'adresse d'une reine,

Nil te reginam prœter honesta juvat ;

d'une reine, ou plutôt d'une fille de roi qui â fait à Dieu, dans un cloître, l'hommage de sa virginité ,

Et quia non fuerat tanta quis conjuge dlgnus, CoDJunxit sponsam te sibi, virgo, Deus«

Nous sommes donc en plein moyen âge, et Terreur de M. Pressel est évidente. M. Riese, Payant reconnue, n'a pas voulu recevoir cette épître dans Son édition de V Anthologie latine (1),

La pièce n'a pas de titre dans notre n ô 3761. Elle n'en a pas non plus dans une copie de Baluze (n d 120, fol. 320), et, dans un manuscrit de Vienne cité par M. Endlicher (2) , elle est ainsi, très vaguement, intitulée : In laudem cujusdam virginïs simctimonialis. Dans le manuscrit d'Evreux copié par Beaugendre, lisait-on ces mots : Ad Angli* rtginam ? Nous en doutons. En tout cas, Beaugendre a mal supposé que

(1) Part. I, fasc. n, prsef., p. 31.

[%) CataU cod. philoL Vindob., p. 17&

cette reine d'Angleterre pouvait être Mat h il de, fille du roi d'Ecosse, encore vierge, mais future épouse d'Henri I er . Les auteurs de l'Histoire littéraire ont montré que cette supposition doit être rejetée. Cependant faut-il admettre avec eux qu'il s'agit plutôt de Cécile, fille de Guillaume le Conquérant, qui mourut en 1126 abbesse de la Sainte-Trinité? Il nous paraît plus sage de ne faire aucune conjecture sur un titre dont l'ancienneté n'est pas prouvée.

Les auteurs de Y Histoire littéraire remarquent, en outre, que quatre vers de cette pièce ont été publiés par Beaugendre sous le nom de Marbode (1). Mais cela ne veut pas dire que ces quatre vers soient de l'évêque de Rennes. Ils appartiennent, d'après tous lesmanus-' crits, à l'épître éditée par Beaugendre sous le nom d'Hildebert, et c'est par étourderie que Beaugendre les a reproduits, détachés de cette épître, sous le nom de Marbode. De là toutefois nous n'entendons pas conclure que cette pièce médiocre figure à meilleur droit parmi les Œuvres d'Hildebert. Aucun des anciens manuscrits ne la lui donne. L'auteur en est in* connu.

Quel qu'il soit, rendons-lui le service de corriger, dans l'édition de Beaugendre, deux fautes graves. Il ne faut pas lire, aux vers 11 et 12 :

animoque parentes,

Quos hommes nunquam postbabuere Diis;

en effet, il s'est toujours rencontré des hommes qui

(1) Col. 1619 do Tédit. des Œuvres d'Hildebert et de Marbode.

D'HILDEBERT DE LAVARD1N 133

ont encore plus vénéré les dieux que leurs parents. Il faut lire :

animoque parentes,

Quos homines solis posthabuere Diis.

L'autre faute est au vers 15, où résistent doit être remplacé par résistant.

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