LXXXIII. In laudem, Angliœ et ejus régis Henrioi I et
reginx ejus future sponsœ.
Ce titre, ancien ou moderne, est inexact. Le roi d'Angleterre est bien, on n'en peut douter, Henri I 8P ; mais la reine n'estpas une future épouse. Il est question d'une reine depuis longtemps mariée et qui n'a pas eu .beaucoup d'enfants. Pour le reconnaître, il suffit de lire avec quelque attention les vers que nous allons citer ;
Cum pareret natura parens, varioque favore
Divideret dotes omnibus una lotis, Elegit potiora tibi, matremque professa :
« Insula sis locuples plenaqué pacis, ait.
Quidquid luxus amat, quidquid desiderat usus
Ex te proveniet, aut aliunde tibi.
Te siquidem, licet occiduo sub sole latentem,
Quœret et inveniet merce beata ratis.
Tempus erit quo sceptra tibi promissa gubernet
Henricus, nec avis nec pâtre rege minor . .... Huic (1) sociam dispono thori cui prœparo quidquid
Agnoscit virtus in muliere suum ;
(1) Nous corrigeons ici et nous corrigerons plus loin le texte de Beaugendre sur une copie de la main de Baluze, qui est dans ses Papiers, n» 190, fol. 3?%
134 UBS MÉLANGES POÉTIQUES
Nevô ootam trabat ex vitio yel stirpe pareatum,
Saaguis erit regum justus uterque pareas.
Hœc ea nascetur quam purpura quaerat et aula,
Ad quam confugiat pulsus ab orbe pudor.
Haec ea nascetur qua rex, qua regia proies,
Qua Cœsar plaudat conjuge, matre, socru.
H©c ea nascetur qua* vivat et instet honesto ;
Pauca viro pariet, pignora multa Deo.
Haec ea nascetur quse majestate coronam,
Sceptra manu, geinmas ore micante juvet
Il t t • •
Cette femme de Henri I er n'est donc pas la sçconde femme de ce prince, qui était fille d'un comte et ne fut pas mère. C'est la première, à qui Beaugendre a rapporté sans motif la pièce précédente, Mathilde, fille de Malcolm, roi d'Ecosse, mère de Guillaume, duc de Normandie, et d'une autre Mathiide, que César, c'està-dire l'empereur Henri V, obtint pour femme en l'an» née 1114, Ce qui prouve que la pièce fut écrite après cette année 1114, mais avant l'année 1118, en laquelle mourut la première femme de Henri I er ,
Ces vers élégants, harmonieux, mais où ne manquent pasles antithèses et les épithètes précieuses, ont été publiés par Beaugendre, comme étant d'Hildebert, d'après un manuscrit d'Évreux. Ils avaient été recueillis par Baluze sous le même nom, et Ton n'apprend pas qu'ils aient été jamais attribués à quelque autre poète contemporain de Henri I er et des deux Mathiide. On a donc lieu de croire qu'Hildebert en est vraiment l'auteur.